RDC : vers la mise en place d’un comité de pilotage chargé de l’élaboration d’une feuille de route pour la mise en œuvre des accords de Washington

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Signature des accords de Washington pour la paix et la prospérité

La mise en œuvre des accords de Washington, signés sous les auspices de l’administration Trump, a été abordée dans la communication de la Première ministre Judith Suminwa lors de la réunion du Conseil des ministres tenue vendredi 9 janvier 2026. Intervenant après le Chef de l’État, la cheffe du gouvernement a informé le Conseil qu’elle a convoqué et présidé jeudi 8 janvier 2026, une séance de travail réunissant les ministres concernés par la mise en œuvre de ces accords.

Selon la patronne de l’Exécutif central, Judith Suminwa, cette séance de travail visait à adosser, au niveau du gouvernement, le cadre général de coopération, afin de rationaliser les différents projets qu’il contient et d’en assurer la matérialisation au bénéfice des intérêts de la République.

"En vue d’observer les engagements souscrits par la République démocratique du Congo dans ces accords et de permettre leur mise en œuvre optimale, les ministres concernés travailleront au sein d’un comité de pilotage chargé sur l’élaboration d’une feuille de route destinée à assurer une meilleure coordination de l’action gouvernementale, alignée sur la politique définie par le président de la République, chef de l’État", rapporte le compte rendu de la réunion.

Par ailleurs, poursuit le porte-parole du gouvernement, la Première ministre Judith Suminwa prévoit de convoquer, le mardi 13 janvier 2026, une réunion du Comité de conjoncture économique élargi. Cette rencontre aura pour objectif d’harmoniser les actions de l’ensemble des parties concernées et d’assurer une meilleure compréhension des clauses contenues dans ces accords.

Le président Donald J. Trump a présidé, le 4 décembre dernier, la signature des Accords de Washington pour la paix et la prospérité entre la République démocratique du Congo (RDC) et la République du Rwanda. Cet instrument, qualifié d’" historique " par l’administration Trump, vise à renforcer les engagements des deux parties en vue de mettre fin à des décennies de conflit, de favoriser la coopération économique et de jeter les bases d’une paix durable.

Les Accords de Washington réaffirment l’engagement des parties à mettre en œuvre l’accord de paix conclu le 27 juin 2025 à Washington entre la RDC et le Rwanda, ainsi qu’à réaliser la vision du Cadre d’intégration économique régionale (REIF). Ils entendent ainsi établir une feuille de route ambitieuse en faveur de la paix, de la sécurité et d’une croissance économique sans précédent. Dans ce cadre, la RDC et le Rwanda ont également signé le Cadre d’intégration économique régionale (REIF), une initiative bilatérale présentée comme novatrice, destinée à libérer le vaste potentiel économique de la région des Grands Lacs et à créer des opportunités pour le secteur privé américain.

Ces accords comprennent par ailleurs plusieurs instruments bilatéraux signés sous l’égide du secrétaire d’État américain, Marco Rubio, notamment :l’Accord de partenariat stratégique entre les États-Unis d’Amérique et la République démocratique du Congo ;le Protocole d’accord entre le gouvernement des États-Unis et le gouvernement de la République démocratique du Congo relatif à un partenariat élargi en matière de sécurité ; le Cadre États-Unis–Rwanda pour une prospérité économique partagée.

En République démocratique du Congo, ces accords peinent toutefois à faire l’unanimité au sein de l’environnement sociopolitique et continuent de susciter de vives critiques. Si, pour le gouvernement congolais, ils traduisent un niveau élevé de confiance entre les deux États, certaines voix discordantes s’élèvent.

Fulgence Muteba Mugalu, archevêque de Lubumbashi (Haut-Katanga), les qualifie notamment de " bradage ", estimant qu’ils visent essentiellement à sauver un régime au détriment de l’avenir de toute une nation. Selon lui, ces accords sacrifieraient le développement du pays et compromettraient le bien-être des générations futures.

Clément Muamba