Alors que la détérioration « dramatique » de la situation sécuritaire et humanitaire se poursuit dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC), certaines voix dans la classe socio politique congolaise s'élèvent pour demander la démission de Félix Tshisekedi l’accusant d'être à la base de la débâcle militaire et diplomatique du pays face à la rébellion de l’AFC/M23 soutenue par le Rwanda. Delly Sesanga considère que la démission du Président de la République est constitutionnelle.
"Vous vous ne pouvez pas exclure les possibilités qui sont même inscrites dans la Constitution. La démission du Président de la République est une option constitutionnelle inscrite, il m'a semblé qu'il mettait en cause sa propre responsabilité en disant que s'il ne trouvait pas des solutions à l'est du pays alors son mandat n'aurait servi à rien. Aujourd'hui, nous sommes après plusieurs initiatives prises de sa part pour restaurer la paix et la sécurité à l'est du pays dans une impasse qui fait que nous avons connu une débâcle militaire, une confusion sur le plan diplomatique qui est préjudiciable au pays et une unité nationale qui est perdue", a-t-il déploré au cours de l'entretien accordé à ACTUALITE.CD lundi 31 mars 2025.
Rappelant que Félix Tshisekedi s'était déjà fixé lui-même cet objectif ou baromètre pour tester la réussite de son mandat. Il ne voit pas mal Félix Tshisekedi démissionner après plusieurs échecs dans la gestion de la crise sécuritaire dans l'Est de la RDC.
"Et donc par conséquent le cadre général de la Défense, de la souveraineté nationale, de l'intégrité du territoire a été compromis par les actions hasardeuses de Monsieur Tshisekedi, s'il est donc responsable, s'il est moralement responsable, il pourrait aujourd'hui tirer les conclusions de sa propre défaillance et donc dire qu'il démissionne. La démission ne doit pas être un tabou, c'est une devoir constitutionnel pour mettre fin au mandat d'un Président de la République qui aura été défaillant d'autant plus que lui-même a mis la barre à ce niveau pour être jugé de la validité, de la crédibilité, de la qualité de son propre mandat", a ajouté Delly Sesanga.
L'option de la démission n'est pas à l'ordre du jour du côté de la mouvance présidentielle. Le secrétaire général de l’Union pour la Démocratie et le Progrès Social (UDPS), Augustin Kabuya, avait lors d’une causerie morale organisée le 18 février 2025 devant les cadres, militants et combattants de l’UDPS au siège du parti, prévenu que le chef de l’Etat ne démissionnera jamais du pouvoir.
Depuis la prise de la ville de Goma, chef-lieu de la province du Nord-Kivu par la rébellion du M23 soutenue par l'armée Rwandaise, des voix en interne et à l'extérieur du pays ne cessent de s'élever pour appeler au dialogue national afin d’aboutir à la résolution de la crise sécuritaire dans l'Est de la République Démocratique du Congo. L'église catholique et l'église protestante ont initié pour ce faire, des consultations de la classe sociopolitique pour un dialogue national. Mais cette démarche est réfutée par le parti présidentiel, l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS) qui affirme que « l’église n’a pas vocation de prendre des initiatives politiques » et préfère s'en tenir aux initiatives régionales notamment les processus de Luanda et Nairobi malgré l'adhésion de la classe socio-politique congolaise à l'initiative menée par la CENCO et l'ECC.
Clément MUAMBA