Environ 15.000 femmes parmi lesquelles on compte des déplacées de guerre et des victimes des viols et violences des provinces du Sud-Kivu, Nord-Kivu et Kinshasa ont pu bénéficier de l'appui de l'organisation Santé et Développement(SAD).
Ces données ont été révélées par le directeur pays de cette organisation au cours d'une adresse cadrant avec les 10 ans d'existence de cette structure ce 30 décembre 2024.
A en croire Joseph Kakisingi, l'idée du projet initial était de prendre en charge les femmes déplacées et des filles. Des femmes ayant la plupart subi des traumatismes et des viols.
" Nous avons ouvert un grand centre ici à Bukavu où nous avons d'abord accueilli plus de 7000 femmes. On faisait les soins chirurgicaux pour des femmes qui avaient des mutilations génitales, qui subissent les violences et toute autre forme de traumatisme et après un accompagnement psycho social pour les soins psychiatriques et psycho-cliniques. Ensuite, nous apprenions à ces femmes des métiers pour devenir auto-suffisantes economiquement. Il s’agissait notamment de la coupe couture, l'agriculture, l'élevage, le petit commerce" explique Joseph Kakisingi.
Avec les exigences du COVID, les stratégies ont changé pour atteindre les femmes des coins les plus reculés.
SAD précise que pour être proche des victimes, l’organisation a procédé via des sites dans les villages et territoires de la province du Sud-Kivu.
Au delà de la province du Sud-Kivu, des cas des viols et violences sexuelles ont été enregistrés dans plusieurs camps des déplacés des guerres au Nord-Kivu plus précisément dans le camp de Bulengo.
D'autres victimes assistées sont de Kinshasa et ailleurs.
" Nous sommes parvenu à transformer les survivantes en leaders communautaires. Environ 15.000 femmes ont bénéficié de notre appui et sont devenues des leaders dans leurs communautés" insiste le directeur pays de SAD.
" Il y a quelques années, une jeune fille qui avait subit des violences des groupes armés et arrivée chez nous, on l'a hospitalisé, on a amputé sa main, on lui a mis une prothèse. Elle a bénéficie d'une boutique. Ensuite, elle est devenue une des femmes les plus considérées dans sa communauté, c’était une victime sans espoir, aujourd'hui, c’est une femme qui rayonne dans son village et nous sommes satisfaits du travail réalisé " expliqué M.Kasingi.
SAD indique que pour la seule année 2024, elle a appuyé 156 organisations à base communautaire avec au moins 25 personnes et mène des réponses pour les intérêts de toute la communauté au sens large.
Dans le camp de Bulengo, 150 lampadaires ont été installés et 4500 lampes torches distribuées aux femmes.
Au niveau de la réduction de la stigmatisation, 3600 consultations des personnes malades psychologiques ont été traitées.
425 enfants malnutris sévères ont reçu l'assistance dans différents territoires au Sud-Kivu.
Justin Mwamba