RDC: suspens à Rutshuru, les rebelles du M23 observent leur cessez-le-feu unilatéral dans l’attente de dialogue avec Kinshasa 

Un village du territoire de Rutshuru
Un village du territoire de Rutshuru

Un suspens s’observe en ce début de semaine dans les zones de Rutshuru (Nord-Kivu) où se sont déroulés, la semaine dernière, des combats entre les rebelles du Mouvement du 23 mars (M23) et les Forces armées de la République Démocratique du Congo (FARDC).

Le M23 contrôle encore d’espaces stratégiques conquis des mains de l’armée congolaise, notamment les régions de Chanzu, Runyonyi et Bugusa. 

Selon des sources d’ACTUALITE.CD, après leur cessez-le-feu décrété le 1er avril dernier pour exiger le dialogue avec Kinshasa, les rebelles du M23 ont tenu dimanche 3 avril dernier un meeting dans la zone sous leur contrôle et menacé de reprendre leur offensive s’ils ne se font pas entendre. 

Des menaces qui poussent depuis dimanche des habitants à vider la cité congolaise de Bunagana, frontalière avec l’Ouganda et d’autres villages voisins. Certains prennent la direction de Rutshuru-centre et d’autres de l’Ouganda. 

Jean Claude Mbabaze, président de la société civile Rutshuru alerte que dans les milieux d'accueil, les déplacés vivent dans des conditions déplorables. Selon lui, ils vivent dans des écoles, des églises et des stades de football dans des conditions déplorables.  

Entre l’option militaire et le dialogue exigé par le M23, la société civile demande au gouvernement congolais de privilégier la solution qui aidera à ramener le plus vite possible la paix dans la région de Rutshuru.

« Nous soutiendrons une solution qui va nous amener la paix. La paix c’est avec les deux pistes. Il faut les combattre, les traquer. Mais l’armée n’y parvient pas, il faut passer par une autre voie. Bref, il faut que le gouvernement s’assume, les traque, s’il ne parvient pas à les combattre qu’il aille les rencontrer et leur demander ce qu’ils veulent. Nous avons besoin de la paix », a déclaré à ACTUALITE.CD Jean Claude Mbabaze, président de la société civile de Rutshuru. 

Depuis la nuit 27 au 28 mars, le M23 a lancé une offensive contre les positions de l’armée congolaise à Chanzu et Runyonyi, dans un périmètre proche de l’Ouganda et du Rwanda. 

La rébellion avait été défaite militairement par Kinshasa en 2013 mais elle continue à revendiquer le rapatriement de ses éléments réfugiés certains en Ouganda et d’autres au Rwanda. Au terme du conseil des ministres tenu vendredi dernier à Kinshasa, le gouvernement congolais a évoqué un bilan de 17 militaires blessés et trois autres tombés sur le champ d’honneur. A cela s'ajoutent huit casques bleus tués dans le crash de leur hélicoptère qui aurait été attaqué dans la zone de combats.

Le gouvernement a épinglé une “défaillance” dans le système de défense congolais. Le commandement militaire dans la zone a été changé après l’attaque des combattants M23.

Lire ici: Suite aux défaillances dans le dispositif des FARDC contre le M23: le commandement militaire du secteur opérationnel relevé 

Claude Sengenya