Le ministre du Commerce extérieur, Julien Paluku considère l’ancien président de la République démocratique du Congo, Joseph Kabila, comme l’un des artisans de l’infiltration des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), cette armée qu’il avait formée grâce notamment à des opérations de brassage et de mixage des forces rebelles qui combattaient son pouvoir. Le ministre soutient son allégation par le fait que Kabila soit à la tête de la rébellion FRN et les récentes défections de certains officiers supérieurs et généraux qui ont quitté les FARDC pour rejoindre la rébellion.
« Le président honoraire Joseph Kabila se retrouve à Goma. Aujourd’hui, nous nous rendons compte de tout ce que nous avons connu pendant 18 ans, et même pendant 21 ans. Le fait de se retrouver à Goma traduit ce qu’il a été depuis longtemps. Quand j’étais gouverneur, j’observais un peu le brassage, le mixage des troupes. Et tous, on se posait la question. Nous voulons frapper les rebelles, mais on nous appelle : “Non, non, non, n’attaquez pas !” Pourquoi ? On doit faire le dialogue pour que nous puissions intégrer ces gens dans l’armée. Comme ça, on fait la paix », a rapporté Julien Paluku lors d’un échange avec des congolais vivant à Londres.
Pour Julien Paluku, ces mécanismes d’intégration ont permis à des éléments qu’il qualifie d’infiltrés, de rejoindre les rangs de l’armée congolaise et d’y conserver leur loyauté envers l’ancien chef de l’État.
« Et c’est comme ça qu’on a intégré des infiltrés dans l’armée. Et la preuve aujourd’hui, vous entendez qu’il y a des défections, j’ai entendu le général Kamanzi, qui a fait défection, qui était au Kongo Central. En fait, ce sont des pions que l’ancien président avait infiltrés dans l’armée à travers le brassage et le mixage, qui sont en train de le rejoindre à Goma. Donc, ne croyez pas qu’il y a des éléments des FARDC, comme Julien Paluku ici, qui pouvaient faire défection et aller à Goma. Non, ce sont des éléments qui lui étaient fidèles, qu’il a laissés dans l’armée ».
Le ministre Paluku a également réagi aux propos de l’ancien président Joseph Kabila, selon lesquels il avait laissé une armée à la République démocratique du Congo à la fin de son mandat à la tête du pays.
« Parce qu’il a dit dans sa communication : “J’ai laissé une armée à la République du Congo.” Non ! La véritable armée qu’il a laissée, c’est l’armée des infiltrés. Et c’est pourquoi nous sommes devenus tout le temps inefficaces sur la ligne de front, parce que nous avions beaucoup d’infiltrés dans notre armée. Et quand on les a envoyés sur la ligne de front, ils servaient en même temps les gens contre lesquels ils se battaient, en même temps qu’ils se disaient servir le gouvernement. Et c’est ça, la complexité que le président Tshisekedi a trouvée », a affirmé Julien Paluku.
En République démocratique du Congo (RDC), un nouveau mouvement politico-militaire dénommé Front pour la refondation de la nation (FRN) a vu le jour lundi 12 octobre 2026 à Goma, chef-lieu de la province du Nord-Kivu. Ce mouvement, appuyé par le Rwanda et qui succède à l’AFC/M23 est désormais présidé par Joseph Kabila Kabange, ancien président de la République. Il est secondé par Corneille Nangaa et Bertrand Bisimwa, tous deux nommés vice-présidents.
Selon la composition annoncée, Emmanuel Sultani Makenga conserve ses fonctions de chef d’état-major général de la branche armée, avec rang de vice-président. Freddy Kaniki occupe le poste de secrétaire général, tandis que Benjamin Mbonimpa, chargé des négociations de l’AFC/M23 dans le cadre du processus de paix de Doha, devient secrétaire général adjoint. Enfin, Désiré Rukomera est nommé secrétaire permanent du Collège des fondateurs.
Cette mutation de l’AFC/M23 en FRN intervient dans un contexte où, malgré les initiatives diplomatiques en cours, les processus de Washington et de Doha, appuyés par l’Union africaine, peinent à produire les résultats escomptés sur le terrain. Parallèlement, des divergences de vues persistent avec Kinshasa autour de l’initiative du dialogue national pour la paix, la stabilité et la refondation de la nation.
Clément MUAMBA