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Kinshasa-Kimbanseke : incompétence, violation des textes, arrogance… le conseil municipal appelle à la révocation du bourgmestre Jeancy Nganga

Photo ACTUALITÉ. CD

Dans la commune de Kimbanseke, l’une des plus vastes de la ville de Kinshasa, le conseil municipal exige la révocation du bourgmestre Jeancy Nganga, à qui il reproche notamment son incompétence, le non-respect des textes légaux et réglementaires ainsi que son arrogance.

Au sortir d’une activité de sensibilisation des jeunes à la gouvernance locale, dimanche, Éric Munsi Lwala, président du conseil municipal de Kimbanseke, a dressé un tableau sombre de la situation dans cette commune, confrontée, d’une part, à une insécurité « grandissante », accentuée par des arrestations arbitraires et le phénomène des « éclaireurs », ces jeunes qui facilitent l’identification et la localisation des présumés coupables, et, d’autre part, à l’insalubrité, qui a refait surface après le départ des éléments de la task force.

Déplorant l’opacité dans la gestion des ressources mobilisées par la municipalité grâce aux taxes prélevées sur plusieurs marchés, Éric Munsi Lwala appelle les autorités compétentes à révoquer le bourgmestre en fonction, qu’il accuse d’avoir compromis le fonctionnement de l’administration communale. Il dénonce également la révocation d’agents de la maison communale qui ne seraient pas de l’obédience politique du bourgmestre, lequel ferait montre, selon lui, d’une « arrogance indignante ».

Non-respect des textes et manque de vision

Le conseil municipal de Kimbanseke attribue les difficultés de gestion de la commune au bourgmestre Jeancy Nganga, membre de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), en fonction depuis novembre 2022. Éric Munsi Lwala met notamment en cause son expérience dans la gestion administrative au niveau local, qu’il juge insuffisante pour exercer cette fonction.

« Le bourgmestre ne maîtrise pas les textes, là, je le dis sans mâcher mes mots. Je le lui ai dit et tenu des émissions pour signifier aux autorités qu’on ne nomme pas quelqu’un parce qu’il est membre d’un parti politique, mais il faut tenir compte du profil. Quelqu’un qui n’a même pas géré un quartier, ni été dans l’administration, se retrouve là à la tête de la commune, sans vision. C’est déplorable pour Kimbanseke », s’indigne le président du conseil municipal.

Daniel Bumba, accusé de bloquer le processus

Éric Munsi Lwala regrette que plusieurs décisions prises par le ministre de l’Intérieur et de la Sécurité concernant la gestion des communes peinent à être appliquées. Il met en cause le gouverneur de la ville de Kinshasa, Daniel Bumba Lubaki, qui, selon lui, « ne facilite pas la tâche ».

« Ce qui se passe à Ngaba et à Kimbanseke doit interpeller. J’ai appris que le bourgmestre de la N’sele a été suspendu ; cela doit servir d’exemple pour tout le monde. Kimbanseke ne peut pas continuer comme ça. Le bourgmestre doit revenir dans le bon chemin, il doit collaborer avec les conseillers municipaux », déclare-t-il.

Le président du conseil municipal a également rappelé la décision adoptée par les conseillers communaux à l’issue d’un vote organisé le 16 juillet dernier, demandant la révocation du bourgmestre de Kimbanseke, nommé par ordonnance présidentielle, « qui ne fait pas de lui un intouchable ».

Éric Munsi Lwala révèle par ailleurs qu’un ordre de mission dûment signé par le ministre de l’Intérieur existe depuis le 17 août dernier en vue de mener une enquête sur la gestion de la commune de Kimbanseke.
 

« Cet ordre de mission souffre », déplore-t-il, insistant sur la nécessité de mener cette enquête et de confronter les deux institutions afin de remettre la municipalité sur les rails. À défaut, prévient-il, « la population se prendra en charge ».

Samyr LUKOMBO


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