Au lendemain de la marche pacifique organisée mardi 22 septembre à Kinshasa par l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS) et ses alliés, plusieurs opposants dénoncent une politique de « deux poids, deux mesures », comparant l’encadrement sécuritaire dont a bénéficié cette manifestation au sort réservé à celle de l’opposition une semaine plus tôt.
Le président de l’Envol, Delly Sesanga, a dénoncé une « conception inquiétante des libertés publiques », estimant que la différence de traitement entre les deux manifestations pose question.
« Lorsque la rue est interdite à l’opposition, mais aménagée pour le parti au pouvoir, la démocratie n’est plus qu’un discours creux », a écrit, estimant que la mobilisation populaire doit se poursuivre de manière pacifique et par les urnes.
Delly Sesanga a également réaffirmé son opposition à tout changement de la Constitution, à un éventuel troisième mandat de Félix Tshisekedi et à tout glissement au-delà de 2028. « Cap sur 2028. En attendant, pas de changement de Constitution, pas de troisième mandat, pas de glissement au-delà de 2028 », a-t-il déclaré.
De son côté, Jean-Marc Kabund, figure de la Coalition Article 64 (C64) pour la défense de l’ordre constitutionnel, a également dénoncé ce qu’il considère comme une différence de traitement entre la marche de la C64 du 15 septembre et celle de l’UDPS et de ses alliés.
« Nous refusons une démocratie à géométrie variable, où la rue est libre pour les partisans du régime et interdite à l’opposition », a écrit l’ancien président intérimaire de l’UDPS, assurant que la C64 poursuivra son combat en faveur de l’ordre constitutionnel et des libertés publiques.
La marche de mardi a rassemblé des milliers de militants accompagnés des cadres de la majorité au pouvoir autour d’Augustin Kabuya, initiateur de la manifestation. Le deuxième vice-président de l’Assemblée nationale, Christophe Mboso, ainsi que le questeur du Sénat, Taupin Kabongo Mukengeshay, ont notamment pris part à l’activité.
À travers cette mobilisation, l’UDPS et ses alliés ont réaffirmé leur soutien à Félix Tshisekedi et aux institutions en place, tout en défendant le projet de modification de la Constitution et l’organisation d’un référendum populaire.
La comparaison entre les deux manifestations intervient alors que la C64 avait dénoncé, après son rassemblement du 15 septembre, des restrictions et des incidents ayant marqué sa mobilisation à Kinshasa.
Samyr LUKOMBO