Le secrétaire général du parti politique Leadership, Gouvernance et Développement (LGD), Franklin Tshamala, dénonce un traitement qu’il qualifie de discriminatoire dans l’encadrement des manifestations politiques à Kinshasa, après la marche organisée mardi à Kinshasa par l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS) et ses alliés.
S’exprimant à ACTUALITE.CD ce mercredi 23 septembre, l’opposant reconnaît d’abord le droit de la majorité comme celui de l’opposition à manifester. Il déplore, cependant, une différence de traitement par les forces de l'ordre, notamment la police, entre les manifestations de la majorité et celles de l’opposition.
« Nous considérons qu’en tant que l’opposition, la majorité, pour ne pas citer l’UDPS avec ses alliés, on a le droit de s’exprimer … mais à partir du moment où les services publics deviennent discriminants, là se posent tous les problèmes de l’équilibre démocratique. Ils devaient soumettre tous les Congolais à un traitement égal, tel que la Constitution l’exige », déplore Franklin Tshamala.
Et de poursuivre : « L’image que nous présentons est celle d’un pays gouverné par des hommes et des femmes qui ne font pas un distinguo entre les publics et les privés. Le gouvernement appartient exclusivement au parti, à l’UDPS, qui en fait ce qu’il veut. L’UDPS a le contrôle de toutes les forces de l'ordre. Elle en fait ce qu’elle veut. Il ne reste rien, rien à espérer pour les autres citoyens congolais ».
Le secrétaire général du LGD souhaite ainsi que les forces de l'ordre garantissent la sécurité de tous les manifestants, quelle que soit leur appartenance politique, et plaide pour un traitement égal des citoyens lors des manifestations à travers le pays.
Cette réaction intervient après la marche organisée mardi 22 septembre par l’UDPS et ses alliés à Kinshasa. Celle-ci s’est déroulée sans affrontements majeurs, alors que des foules de manifestants avaient notamment convergé vers les abords du Palais du peuple, malgré les dispositions initialement prévues pour l’itinéraire.
Un traitement différent, estime l’opposition, par rapport à la marche de la Coalition Article 64 (C64), organisée le 15 septembre dernier dans la capitale.
Cette manifestation avait été émaillée d’affrontements aux abords des 12e et 11e rues de Limete, non loin du siège de l’UDPS. La C64 avait attribué ces violences à des jeunes de la « Force du progrès », que certains opposants présentent comme une structure proche du parti présidentiel. Ces accusations ont été contestées par les personnes mises en cause.
La majorité était descendue dans la rue pour exprimer son soutien au président de la République et aux institutions en place. Les manifestants ont également défendu l’organisation d’un référendum ainsi que la révision de la Constitution de 2006, dans un contexte de fortes tensions politiques autour de ces questions. La mobilisation se voulait également une réponse politique aux manifestations de l’opposition organisées quelques jours auparavant.
Samyr LUKOMBO