À deux ans des prochaines élections générales, l’Agir pour des élections transparentes et apaisées (AETA), plateforme des organisations de la société civile, relève plusieurs contraintes susceptibles de perturber le calendrier électoral de 2028.
Dans une analyse technique consacrée à la problématique des prochains scrutins, présentée samedi à Kinshasa, Patrick Cibangu et Jérôme Bonso, respectivement président et vice-président de l’AETA, ont identifié des contraintes politiques et institutionnelles, juridiques et normatives, sécuritaires ainsi que financières.
Sur le plan politique et institutionnel, l’AETA évoque notamment la méfiance persistante entre la CENI et l’opposition autour de la transparence du fichier électoral. Elle estime également que les appels récurrents à un dialogue politique national pourraient peser sur le respect du calendrier électoral de 2028.
Sur le plan sécuritaire, la plateforme estime que la guerre dans l’Est du pays prive de fait des millions de Congolais de l’exercice de leurs droits civiques, notamment leur droit de vote. Une situation qui, selon elle, pose la question de l’égalité du suffrage, de l’équité et de la légitimité du prochain scrutin. L’AETA insiste également sur la nécessité de disposer des ressources financières à temps pour permettre à la CENI de respecter son calendrier.
Face à ces contraintes, l’AETA identifie trois scénarios. Le premier consiste en un report technique des élections, afin de garantir l’inclusivité du vote, notamment en conditionnant l’organisation du scrutin au retour de la paix dans les zones affectées par les conflits.
Le deuxième scénario préconise le respect strict du calendrier constitutionnel, avec pour objectif de préserver la continuité et la légitimité des institutions.
Enfin, le troisième scénario propose de maintenir le calendrier électoral tout en mettant en place des dispositifs d’adaptation, afin de concilier le respect des échéances démocratiques avec le droit de vote des populations affectées par la guerre.
Pour l’AETA, l’organisation des élections ne peut se résumer au respect des délais. Elle appelle à une gestion préventive des contraintes politiques, sécuritaires, juridiques et financières, estimant que la pacification de l’Est doit constituer une condition essentielle pour garantir des élections apaisées et inclusives. La plateforme plaide ainsi pour un « consensus républicain » autour de la trajectoire électorale, des réformes et de l’intégrité territoriale.
Samyr LUKOMBO