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RDC : le livre de Jules Alingete Key revendique la suspension d'une trentaine de mandataires publics entre 2021 et 2022

Photo d'illustration

Dans un chapitre intitulé « Instauration de la peur du ‘gendarme' », l'ancien Inspecteur général des finances - chef de service, Jules Alingete Key, détaille dans son ouvrage le volet répressif qu'aurait déployé l'Inspection générale des finances (IGF) depuis la réactivation du contrôle a priori, en avril 2021.

Selon l'auteur, la redynamisation de l'IGF et l'activation du contrôle a priori des finances publiques auraient entraîné la mise en accusation et la poursuite judiciaire de plusieurs gestionnaires publics, ministres, gouverneurs, mandataires publics et agents publics, ainsi que la suspension et la révocation de près de trente mandataires publics entre 2021 et 2022.

L'ouvrage évoque également une série de mesures conservatoires prises à l'encontre d'ordonnateurs publics, consistant notamment en l'interdiction de mouvementer certains comptes bancaires et de poser des actes de gestion, mesures inscrites dans l'ordonnance du 7 juillet 2023 modifiant le texte fondateur de l'IGF de 1987. 

Cette même ordonnance a doté les inspecteurs des finances d'un pouvoir coercitif renforcé, incluant la possibilité de demander la suspension d'un gestionnaire avant même la clôture d'une mission de contrôle, l'interdiction de sortie du territoire national en cas de soupçon de fuite, ou encore la suspension d'un régime fiscal ou douanier préférentiel en cas d'abus constaté.

L'auteur relie directement ces mesures à une évolution du classement de la RDC dans l'indice de perception de la corruption de Transparency International, le pays étant passé, selon les chiffres qu'il cite, de la 170e place sur 180 pays en 2020 à la 163e en 2024, soit un gain de sept places sur la période.

Jules Alingete Key présente cette dimension répressive comme un élément clé de l'efficacité du dispositif, aux côtés de son volet préventif et pédagogique, estimant que la crainte de sanctions constitue « un des éléments importants pour l'éclosion de la bonne gouvernance » au sein de l'administration publique congolaise.