La Première Ministre, Judith Suminwa a déposé ce mardi 15 septembre 2026 au bureau de l’Assemblée nationale, le projet de loi de finances pour l’exercice 2027, adopté par le gouvernement de la République lors de la 98ᵉ réunion du Conseil des ministres. Il est présenté en équilibre, en recettes et en dépenses à hauteur de 56.929 milliards de francs congolais, soit 24,8 milliards USD. Cette enveloppe représente une progression d’environ 12 % par rapport aux 22 milliards USD retenus dans la loi de finances rectificative pour l’exercice 2026.
En plus du projet de budget pour l’exercice 2027, Mme Suminwa a également déposé le projet de loi relatif à la reddition des comptes de l’exercice 2025. Adopté lors de la 98ᵉ réunion du Conseil des ministres, ce texte indique que les recettes du budget du Pouvoir central ont atteint 40 559,66 milliards de francs congolais, soit un taux de réalisation de 80,01 % des prévisions. S’agissant des recettes internes, elles ont été mobilisées à hauteur de 27 849,49 milliards de francs congolais, soit près de 91 % des prévisions.
Présenté par le gouvernement comme un « budget d’action et de souveraineté », le projet de loi de finances 2027 ambitionne de traduire concrètement, à travers les crédits budgétaires, les engagements du Président de la République inscrits dans le Programme d’actions du Gouvernement (PAG 2024-2028). La sécurité et la défense occupent une place importante dans les orientations présentées par la Première Ministre.
Selon Judith Suminwa, le gouvernement entend notamment mobiliser davantage de moyens en faveur du rétablissement de la paix et de la sécurité, particulièrement dans l’Est de la République démocratique du Congo.
« Nous avons travaillé sur un budget qui regarde les questions de sécurité et de défense parce que nous devons vraiment travailler sur le retour de la paix dans notre pays et particulièrement à l’Est du pays », a-t-elle déclaré.
Le gouvernement entend également agir sur le pouvoir d’achat à travers le renforcement des investissements dans l’agriculture et l’amélioration de la production locale. La rémunération des agents et fonctionnaires de l’État figure également parmi les préoccupations prises en compte dans le projet, en lien avec les engagements pris dans le cadre des accords syndicaux.
Les infrastructures constituent un autre axe majeur du projet de budget. Judith Suminwa a notamment cité les routes, les aéroports et les universités parmi les secteurs devant bénéficier d’un effort accru d’investissement public. Au-delà des dépenses, le gouvernement mise sur une mobilisation accrue des recettes afin de donner davantage de moyens à l’action publique.
La Première Ministre a évoqué le renforcement de la digitalisation des services d’assiette, ainsi que le suivi de la facture normalisée et de la TVA. L’objectif affiché est de rapprocher les ressources effectivement mobilisées des ambitions de développement du pays.
Dans un autre registre, le projet de budget prend également en compte le contexte politique et institutionnel. La Première Ministre a indiqué que des crédits sont prévus pour accompagner les élections ainsi que l’identification de la population. Elle a également assuré que le dialogue national convoqué par le Président de la République a été intégré dans les prévisions budgétaires.
Le gouvernement entend ainsi inscrire le budget 2027 dans une logique de continuité de l’action publique, tout en tenant compte des principaux défis auxquels le pays fait face, notamment la sécurité, le pouvoir d’achat, la production agricole, les infrastructures, la cohésion nationale et la mobilisation des recettes.
« D’ailleurs, le dialogue national convoqué par le Président de la République a été pris en charge. Notamment aussi des crédits budgétaires pour les élections, pour l’identification de la population » a assuré Judith Suminwa
Le dépôt du projet de loi de finances pour l’exercice 2027 au Bureau de l’Assemblée nationale, ce mardi 15 septembre 2026, date prévue pour l’ouverture de la session ordinaire de septembre, dite session budgétaire, s’inscrit également dans le respect des dispositions de l’article 83 de la loi n° 11/011 du 13 juillet 2011 relative aux finances publiques.
Selon cet article, une fois le projet déposé, l’Assemblée nationale dispose d’un délai de 40 jours, à compter de la date du dépôt, pour adopter le projet de loi de finances de l’année. De son côté, le Sénat dispose de 20 jours pour l’examiner et l’adopter en seconde lecture, avant sa transmission au Président de la République pour promulgation
Clément MUAMBA