Le gouvernement de la République démocratique du Congo a adopté le projet de loi de finances pour l’exercice 2027. Ce texte a été présenté par le Vice-Premier ministre, ministre du Budget, Adolphe Muzito, lors de la 98ᵉ réunion du Conseil des ministres, tenue vendredi 11 septembre 2026 sous la direction du chef de l’État, Félix Tshisekedi, à la Cité de l’Union africaine, à Kinshasa, capitale de la République démocratique du Congo.
Cette adoption intervient à quelques jours de l’échéance constitutionnelle du 15 septembre, fixée pour le dépôt du projet de loi de finances à l’Assemblée nationale. La veille, lors d’une réunion préparatoire présidée par la Première ministre, Judith Suminwa, les membres du gouvernement avaient déjà examiné les principaux agrégats du projet présenté par Adolphe Muzito après plusieurs séances de travail consacrées aux arbitrages avec les ministères sectoriels et d’autres services de l’État.
Le projet de budget 2027 est présenté en équilibre, en recettes et en dépenses, à 57 500 milliards de francs congolais, soit environ 24,8 milliards de dollars américains. Cette enveloppe représente une progression d’environ 12 % par rapport aux 22 milliards USD retenus dans la loi de finances rectificative pour l’exercice 2026. D’après le gouvernement, le niveau projeté pour l’exercice 2027 rapproche ainsi le budget national du seuil symbolique de 25 milliards de dollars, ce qui en ferait l’une des enveloppes budgétaires les plus importantes de l’histoire récente du pays.
« Le budget proposé en équilibre, en recettes et en dépenses, s’établit à 57 500 milliards FC, soit l’équivalent de 24,8 milliards USD, en hausse de 12 % par rapport aux 22 milliards USD de la loi de finances rectificative de l’exercice 2026. La mobilisation des recettes intérieures a été renforcée, portant les recettes courantes à l’équivalent de 17,5 milliards USD et la pression fiscale à 12,8 %, afin d’accroître progressivement l’autonomie financière de l’État », rapporte le compte rendu de la réunion, lu par le porte-parole du gouvernement.
Le projet de budget pour l’exercice 2027 accorde également une place importante aux recettes extérieures. Dans cette catégorie figure notamment une nouvelle tranche d’Eurobond.
« Les recettes extérieures projetées à 4 milliards USD comprennent 973 millions d’appui budgétaire et 3 milliards USD provenant des partenaires bilatéraux et multilatéraux de la République démocratique du Congo, dont 520 millions USD d’Eurobond », ajoute le compte rendu de la réunion.
La répartition des ressources projetées pour 2027 devrait également accorder une place importante aux secteurs considérés comme prioritaires par le gouvernement.
« Les prévisions de ces ressources budgétaires 2027 ont été davantage orientées vers la sécurité, les infrastructures et les autres investissements structurants, les secteurs sociaux, la diversification de l’économie et la reconstruction des zones affectées par les conflits », précise le compte rendu lu par le porte-parole du gouvernement.
Au-delà de l’augmentation de l’enveloppe budgétaire, le gouvernement entend mettre l’accent sur la qualité et l’efficacité de la dépense publique. L’objectif affiché consiste à privilégier les allocations susceptibles de produire un impact économique et social important, tout en renforçant la discipline dans l’exécution du budget.
« Le gouvernement va renforcer la discipline budgétaire par l’amélioration de la qualité et de l’efficacité de la dépense publique, en privilégiant les allocations à fort impact économique et social. Il entend poursuivre l’élan de la préservation de la stabilité macroéconomique et de la soutenabilité budgétaire par la maîtrise du déficit, de l’endettement et des risques liés à l’exécution budgétaire », souligne le gouvernement dans le compte rendu de la réunion.
Après son adoption au niveau du gouvernement, le texte doit être déposé au bureau de l’Assemblée nationale dès ce mardi 15 septembre 2026, date prévue pour l’ouverture de la session ordinaire de septembre, dite session budgétaire. Cette démarche est conforme aux dispositions de l’article 83 de la loi n° 11/011 du 13 juillet 2011 relative aux finances publiques.
Selon le même article, une fois le projet déposé, l’Assemblée nationale dispose d’un délai de 40 jours à compter de la date du dépôt pour adopter le projet de loi de finances de l’année. De son côté, le Sénat dispose de 20 jours pour l’examiner et l’adopter en seconde lecture, avant son envoi au Président de la République pour promulgation.
Clément MUAMBA