Pays riche en ressources naturelles, la République démocratique du Congo entend tout mettre en œuvre pour remettre de l’ordre dans son secteur minier, considéré comme stratégique pour la vie nationale et pourvoyeur de recettes publiques. Soucieux d’assainir l’exploitation artisanale, longtemps marquée par l’informalité et des risques élevés, le ministère des Mines, à travers l’un de ses services publics dénommé Service d’Assistance et d’Encadrement de l’Exploitation Minière Artisanale et à Petite Échelle (SAEMAPE), poursuit ses efforts en faveur d’une meilleure organisation du secteur minier artisanal.
Cette démarche intervient dans un contexte marqué par des drames récurrents, dont le plus récent est celui survenu à la mine de Kalando, près du village de Mulondo, dans le territoire de Mutshatsha, au Lualaba, où plusieurs dizaines de creuseurs ont perdu la vie. La régularisation des Zones d’Exploitation Artisanale (ZEA) apparaît ainsi comme une mesure stratégique visant à réduire les accidents, à mieux encadrer les activités et à restaurer l’autorité de l’État dans un secteur souvent caractérisé par des pratiques anarchiques.
C’est dans ce cadre que le Directeur général du Service d’Assistance et d’Encadrement de l’Exploitation Minière Artisanale et à Petite Échelle (SAEMAPE), Jean-Paul Kapongo, a conduit à Kolwezi, chef-lieu de la province du Lualaba, une mission consacrée à l’état des lieux des Zones d’Exploitation Artisanale (ZEA) pilotes, en vue de leur viabilisation. Arrivé à Kolwezi, lundi 31 août 2026, Jean-Paul Kapongo était à la tête d’une délégation composée notamment de conseillers du ministre des Mines, ainsi que de partenaires techniques d’ITM Holding et de GeoKatanga.
Sur le terrain, la délégation s’est rendue sur les ZEA 350 et 371 afin d’évaluer les conditions d’exploitation, d’identifier les besoins prioritaires et d’examiner les perspectives d’une activité artisanale mieux encadrée, plus sécurisée et plus productive. Dans le cadre de cette collaboration, ITM Holding était représentée par Philippe Muteba, Directeur général de la Division Mines, en charge de GeoKatanga et d’ITM Maintenance.
À travers GeoKatanga, précise une dépêche du SAEMAPE parvenue ce samedi 5 septembre 2026 à la rédaction d’ACTUALITE.CD, le partenaire entend accompagner certaines coopératives minières artisanales dans une transition progressive vers une exploitation semi-industrielle de certaines ZEA. Cet appui devrait notamment porter sur l’expertise technique, le renforcement des capacités opérationnelles ainsi que la mise à disposition de moyens matériels.
Selon le Directeur général du SAEMAPE, Jean-Paul Kapongo, l’objectif est d’améliorer la productivité, de renforcer la sécurité des opérations et d’accélérer la formalisation des activités minières artisanales.
« Je suis venu avec une forte délégation, accompagnée des conseillers du ministre des Mines, Louis Watum Kabamba. En même temps, je suis accompagné d’une délégation de partenaires sérieux, des Congolais de bonne qualité qui ont aujourd’hui accepté de prendre le risque de mettre leurs moyens pour accompagner le SAEMAPE dans le cadre de l’affectation des coopératives à travers les zones d’exploitation artisanale, notamment une société congolaise, GeoKatanga », a-t-il déclaré à son arrivée à Kolwezi.
Cette démarche traduit la volonté du SAEMAPE de renforcer l’encadrement des exploitants artisanaux et de favoriser, avec ses partenaires, la viabilisation et la professionnalisation des Zones d’Exploitation Artisanale, conformément à la vision du Président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi mise en œuvre sous l’égide du ministre des Mines, Louis Watum Kabamba.
« Comme je le disais, le chef de l’État voulait que nous puissions l’accompagner dans sa vision pour faire des Congolais des millionnaires », a affirmé le Directeur général du SAEMAPE, faisant le point sur sa mission.
Un tragique accident avait endeuillé samedi 15 novembre 2025, la mine de Kalando, près du village de Mulondo, dans le territoire de Mutshatsha, au Lualaba, faisant plus de quarante morts, selon un rapport circonstancié transmis au Directeur général du SAEMAPE. Au regard de la sensibilité de la question et de la répétition des accidents dans les zones d’exploitation artisanale, le sénateur Afani Idrissa Mangala avait adressé une question orale avec débat au Directeur général du SAEMAPE au sujet de ce drame. L’élu du Maniema avait exigé des explications claires de la part du responsable du SAEMAPE sur les circonstances du décès de nombreux creuseurs artisanaux.
Pour le président du groupe politique UDPS/Tshisekedi au Sénat, il était inadmissible que des citoyens, en quête de survie, périssent sans qu’aucune explication ne soit donnée à la représentation nationale. Le sénateur souhaitait également connaître le niveau d’assistance apporté par le SAEMAPE dans l’encadrement des exploitants miniers artisanaux sur l’ensemble des sites reconnus à travers le pays.
Ce drame avait ainsi mis en lumière l’urgence et la nécessité, pour les autorités, de remettre de l’ordre et de renforcer l’encadrement dans ce secteur de la vie nationale. Les nouvelles ZEA, supervisées par le SAEMAPE et les services techniques compétents, devraient permettre une meilleure traçabilité des exploitants et une réduction des risques liés à l’occupation anarchique des sites sensibles. Avec les 64 zones formellement établies et annoncées par le ministre des Mines, Louis Watum Kabamba, le lundi 17 novembre 2025, lors d’une réunion de crise au gouvernorat du Lualaba à la suite de ce drame, la province du Lualaba entend ainsi se positionner parmi les provinces les plus avancées dans l’organisation du secteur minier artisanal.
Au cours d’un briefing de presse animé avec son collègue de la Communication et des Médias, porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya, le ministre des Mines, Louis Watum Kabamba, avait annoncé son intention d’étendre ce modèle à d’autres provinces. L’objectif poursuivi par ce membre du gouvernement dirigé par la Première ministre Judith Suminwa est notamment de réduire les tensions récurrentes entre exploitants et forces de sécurité, de lutter contre les réseaux d’exploitation illégale, de protéger les vies humaines, mais aussi de maximiser les recettes publiques.
Rappelons que c’est à travers le Décret n° 17/009 du 4 avril 2017 portant création et statuts d’un service public dénommé Service d’Assistance et d’Encadrement de l’Exploitation Minière Artisanale et à Petite Échelle que le SAEMAPE a été institué. Ce service public a notamment pour champ d’activité l’assistance et l’encadrement de l’exploitation minière artisanale et à petite échelle en République démocratique du Congo.
Clément MUAMBA