La tenue du dialogue national annoncé par le chef de l'État trouve déjà un avis favorable de la part de la Bisoïté nationale pour un Congo fort et prospère (BNCFP), parti de la coappartenance qui pose par ailleurs des préalables pour une refondation effective de la quatrième République.
Dans une déclaration faite ce mardi à la presse réunie à Kinshasa, le président national intérimaire, M. Bobo Ngonda Lingolo Bionique, a cité d'abord les réformes institutionnelles majeures pour un État fort à savoir la suppression du Sénat qu'il qualifie de "budgétivore, sans rendement concret pour le peuple (...)". Il propose, à cet effet, que les ressources ainsi économisées soient réorientées vers l'armée, l'éducation et le social.
Il a aussi exigé la suppression des Assemblées provinciales "devenues sources de clientélisme et de blocage institutionnel, n'apportant aucune plus-value au développement des provinces".
Pour ce qui est de la suppression du poste de Premier ministre et la création d'un poste de Vice-Président de la République, la BNCFP justifie sa recommandation :
"Pour mettre fin au bicéphalisme conflictuel de l'Exécutif, le Vice-Président, nommé par le Président, sera chargé du pilotage des questions économiques, sociales et de développement. Le Président de la République se consacrera ainsi pleinement à ses missions régaliennes : la Défense nationale, la Sécurité et la Diplomatie".
Abordant la suppression des Gouvernements provinciaux et la valorisation de l'Administration, le président national intérimaire a déclaré:
"Nous exigeons le retour à une administration forte. Les Chefs de Division provinciaux doivent être valorisés et des Directeurs de Province, hauts fonctionnaires de l'État, nommés pour gérer les provinces".
Quant à l'instauration d'une territoriale de non-originaires et de compétence, il recommande:
" Les Gouverneurs ne doivent plus être nécessairement originaires de la province qu'ils dirigent. Dans les 26 provinces, les Gouverneurs doivent être nommés sur la base de la compétence, de la loyauté à la République et du mérite, et non sur la base de l'autochtonie".
Des réformes de fond pour la cohésion nationale
Pour ce qui est des réformes de fond pour la cohésion nationale, la BNCFP plaide pour un dialogue de réformes courageuses: "Aucun sujet ne doit être tabou : politique, judiciaire, sécuritaire, économique et territorial"
Le parti exige aussi la clarification sur les groupes armés:
"La participation au Dialogue doit être conditionnée au dépôt préalable et sans condition des armes et au renoncement définitif à la violence comme l’a dit le Chef de l’Etat".
Par rapport à l'exigence d'un pilotage crédible, la BNCFP a recommandé :
" Le Comité de pilotage doit être composé de personnalités intègres, probes et jouissant de la confiance du peuple".
L'autre préalable porte sur le règlement des conflits coutumiers:
" Le dialogue doit codifier le pouvoir coutumier, ses limites et son mode de succession pour mettre fin à son instrumentalisation".
Concernant le règlement de la question foncière, la BNCFP a déclaré :
" Une réforme foncière courageuse doit sécuriser les terres des communautés et mettre fin à la vente anarchique des terres ancestrales".
L'autre exigence porte sur la protection du commerce de détail pour les autochtones:
"Le petit commerce de détail doit être réservé aux Congolais. Le Congolais ne doit plus être étranger dans son propre commerce".
À propos de la gestion transparente des redevances minières, ce mouvement politique exige "une loi sur la répartition juste et traçable de la redevance minière et des dividendes de l'or, afin que chaque gramme extrait serve au développement local".
Abordant la réforme stratégique de l'armée et des services de sécurité, la BNCFP exige une "Fin définitive du brassage et mixage, loi de programmation militaire, industrie militaire nationale et amélioration des conditions du soldat".
L'autre préalable de la BNCFP porte sur la rationalisation des partis politiques: "Mettre fin à la prolifération de plus de 1000 partis. La démocratie n'est pas l'anarchie".
Quant à la régulation des confessions religieuses, la structure recommande une loi stricte sur l'agrément et le contrôle des églises dites de réveil, dont la prolifération est devenue une menace sociale. Pour la BNCFP, "le dialogue national doit être celui de la vérité, de la responsabilité et de la refondation, et non celui des arrangements particuliers".
Bienvenu Ipan