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Dialogue national : « Il y aura un monologue de l’Union sacrée bis », estime Lucain Kasongo, qui conteste au président le rôle de « maître de la résolution de la crise »

Actualite.cd

Le processus devant conduire au Dialogue national pour la paix, la cohésion et la refondation de l’État a été lancé par le Chef de l’Etat, même si le calendrier exact n'est pas toujours connu. Félix Tshisekedi a signé une ordonnance instituant un comité d’organisation préliminaire chargé de préparer la mise en place de la commission préparatoire desdites assises. 

Le comité est notamment chargé de prendre les dispositions matérielles et logistiques nécessaires, de préparer les rencontres avec les différentes composantes de la société et de réunir les conditions préalables à la tenue du dialogue. Il sera également appuyé par un secrétariat technique composé de onze experts.

Ce format institutionnel du dialogue est précisément au cœur des contestations de l’opposition dans l’environnement sociopolitique congolais. Pour Lucain Kasongo, ancien député national et secrétaire permanent adjoint du Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD), membre de la coalition Sauvons la RDC, le mécanisme mis en place par le pouvoir ne correspond pas aux exigences d’un véritable dialogue politique. Il considère le processus engagé comme un « Congrès de l’Union sacrée de la nation » mais aussi comme un monologue.

« Il n’y a pas de dialogue. Il y aura un monologue de l’Union sacrée bis. C’est un congrès de l’Union sacrée et non un dialogue. Le dialogue a ses caractéristiques. Il n’y a rien de dialogue dans ce que nous sommes en train de suivre », a-t-il dénoncé lors d’un entretien accordé à ACTUALITE.CD la semaine dernière.  

Cet ancien président de la Commission politique, administrative et juridique (PAJ) de l’Assemblée nationale affirme, à l’instar d’autres organisations, que le chef de l’État est également partie au conflit en raison de sa mauvaise gouvernance, et qu’il ne peut pas tout contrôler. 

« L’Union sacrée, c’est une partie au conflit. C’est une partie à la crise. Et la partie à la crise ne peut pas être juge et partie. Et tout ce que nous vivons aussi, c’est la conséquence de la mauvaise gouvernance : mauvaise gouvernance sécuritaire, économique, politique, sociale, culturelle. C’est la conséquence de ce que nous avons comme crise multiforme. Et celui qui est à la base de la crise ne peut pas être le maître de la résolution de la crise », a affirmé ce cadre du parti de Joseph Kabila qui souhaite avoir « un médiateur neutre ».

Présenté comme une initiative souveraine conçue et conduite par les Congolais, ce processus, selon la dernière adresse à la nation du chef de l’État, prononcée le jeudi 27 août dernier, débutera par des consultations dans les 26 provinces avant la tenue des assises nationales à Kinshasa. Sa durée maximale, selon Félix Tshisekedi, est fixée à trois mois.

L’objectif du dialogue est d’aboutir à un Pacte national pour la paix, la cohésion et la refondation de l’État, accompagné d’un mécanisme de suivi des engagements qui seront pris

Clément MUAMBA


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