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Sun City : Léonard She Okitundu revient sur les tractations autour de la légitimité de Joseph Kabila

Léonard She Okitundu lors d'une conférence de presse ce vendredi 30 novembre 2018

Chef de la délégation gouvernementale au Dialogue intercongolais de Sun City, Léonard She Okitundu a livré, lundi 21 septembre 2026, sa lecture de l'un des moments les plus déterminants de l'histoire politique récente de la République démocratique du Congo. Invité du Space live organisé par Stanis Bujakera Tshiamala, le premier et dernier ministre des Affaires étrangères de Joseph Kabila a décrit les lignes de fracture qui ont marqué ces négociations, en particulier la bataille autour du statut du chef de l'État.

Selon lui, l'enjeu principal pour le camp présidentiel était de faire reconnaître Joseph Kabila comme président de la République face aux autres parties prenantes. Le RCD et le MLC entendaient au contraire le traiter comme « un des chefs de camp », au même rang que les dirigeants des mouvements rebelles. Une approche qui n'a pas prospéré, affirme l'ancien ministre, car la communauté internationale estimait que le processus devait se dérouler autour du président de la République. « Il était chef de l'État et on ne pouvait pas le considérer comme chef d'un camp », résume-t-il.

C'est d'ailleurs cette position qui explique, à ses yeux, l'architecture du gouvernement de transition dit « 1+4 ». Joseph Kabila a été maintenu à la tête de l'État, tandis que les postes de vice-président ont été attribués aux responsables des mouvements rebelles et aux autres composantes.

Interrogé sur les concessions les plus difficiles consenties par le camp Kabila, Léonard She Okitundu se montre catégorique : il n'y en aurait pas eu de véritablement douloureuse. « Le but principal, c'était la réunification du pays et la réconciliation entre le gouvernement de l'époque et les responsables rebelles », explique-t-il. Le point de blocage est venu, selon lui, d'une exigence des rebelles : que les participants au dialogue, représentant en quelque sorte la nation, viennent confirmer la légitimité du président de la République. « C'est là que ça a coincé », raconte-t-il. Joseph Kabila aurait catégoriquement refusé cette démarche, soutenu en cela par la communauté internationale.

L'ancien chef de la diplomatie inverse ainsi la lecture habituelle des négociations. Ce sont plutôt les rebelles qui auraient fait « une grande concession » en reconnaissant Joseph Kabila comme un chef d'État dont la légitimité découlait du fait qu'il était déjà en fonction. En contrepartie, les chefs rebelles ont obtenu des postes de vice-président.

Sur la question sensible de la vice-présidence un temps envisagée pour l'UDPS d'Étienne Tshisekedi, Léonard She Okitundu renvoie la responsabilité à l'opposant historique. « Je crois que c'est le président Tshisekedi lui-même qui ne voulait pas ce poste », affirme-t-il. Selon lui, la fonction lui était ouverte, mais il l'a refusée « pour des raisons que lui-même doit maîtriser ». Il estime qu'une place de choix lui était réservée dans ce gouvernement qu'il qualifie « d'un peu atypique ». La participation de l'UDPS aurait, selon lui, été bien accueillie par l'opinion et donné « tout son sens » à la réconciliation nationale.


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