Le lieutenant-général Jean-Pierre Kasongo Kabwik, commandant en chef du Service national, a présenté les avancées et les ambitions de cette structure rattachée à la Présidence de la République à l'occasion du briefing presse animé par le porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya, en marge de la visite du président Félix Tshisekedi dans la province du Haut-Lomami.
Répondant à une question sur les capacités de production agricole du Service national, le commandant en chef a retracé l'évolution du projet depuis sa relance en 2019. Selon lui, la transformation du Service national est le résultat de la volonté du président de la République.
« Je dirais que la capacité de production est évolutive. Lorsque nous sommes arrivés au Service national, la première production réalisée ici était de 1 000 tonnes de maïs en une année, alors qu'auparavant elle était nulle. Avant 2019, il n'y avait même pas une tonne de maïs produite ici, au Service national. Nous pouvons dire que le Service national, dans son format actuel, est l'œuvre de Son Excellence, Monsieur le président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi. Le Service national avait certes été créé en 1997, mais, dans son format actuel, il est l'œuvre de l'actuel Président de la République », a-t-il affirmé devant la presse, le jeudi 30 juillet 2026.
Le commandant du Service national a indiqué que la campagne agricole en cours affiche déjà des résultats significatifs. Il a également mis en avant les capacités de mécanisation dont dispose désormais le centre de Kaniama-Kasese.
« Avant 2019, la production était nulle. À ce jour, pour la campagne agricole en cours, nous avons déjà récolté plus de 30 000 tonnes de maïs, alors que la récolte n'est pas encore terminée. Cette année, nous allons avoisiner une production annuelle de 38 000 tonnes de maïs ici. C'est quelque chose de grand. Avec les équipements mis à notre disposition par le Commandant suprême, nous disposons de machines formidables, dont une seule peut labourer jusqu'à 400 hectares », a-t-il expliqué.
Il a ajouté :
« Avec les machines dont nous disposons, nous avons la capacité de cultiver jusqu'à 20 000 hectares. Si nous disposions de terrains bien défrichés et préparés, nous pourrions produire près de 100 000 tonnes de maïs. Comme nous l'avons dit, la production est évolutive. Pour l'année prochaine, nous projetons de produire 50 000 tonnes de maïs en 2027 ».
Parallèlement à l'augmentation des superficies cultivées, des infrastructures de stockage et de transformation sont en cours de réalisation.
« À côté de la production, des infrastructures de stockage sont en cours de construction. Devant nous, vous pouvez voir des silos modernes, associés à une minoterie moderne d'une capacité annuelle de production de 100 000 tonnes de farine de maïs. Nous disposons également de séchoirs et d'une usine de séchage permettant de traiter les céréales après la récolte. Il s'agit donc d'un dispositif complet ici, au Service national », a-t-il fait savoir.
Le responsable du Service national estime que cette dynamique pourrait faire de Kaniama-Kasese une référence continentale. Il ambitionne d'atteindre une production de 100 000 tonnes de maïs d'ici trois ans.
« Conformément aux instructions reçues du Commandant suprême, le Service national pourra produire 100 000 tonnes de maïs d'ici trois ans. Sans fausse modestie, le Service national pourra être la plus grande ferme agricole d'Afrique. Je ne dis pas que le Congo deviendra le premier producteur, mais, en tant qu'entité, le Service national pourra devenir la plus grande ferme céréalière du continent » a-t-il soutenu.
Au-delà de l'agriculture, le lieutenant-général Jean-Pierre Kasongo a également évoqué le développement de l'élevage. Il a aussi salué la contribution des jeunes formés au Service national dans la réalisation des infrastructures.
« Il y a quatre ans, ce centre ne comptait que quatre bêtes. À ce jour, nous y élevons plus de 9 000 têtes de bétail, avec l'ambition d'atteindre plus de 20 000 têtes au cours des trois prochaines années. Les moyens ont été mis à la disposition du Service national par le Commandant suprême, mais cette infrastructure a été entièrement construite par les Bâtisseurs de la Nation. Ceux qui étaient autrefois décriés dans plusieurs villes et considérés comme des Kuluna ont été transformés, formés et professionnalisés ici, à Kaniama-Kasese. Ces Bâtisseurs ont construit tous les ouvrages que vous voyez : les écoles, le centre hospitalier, ainsi que le site dans lequel nous nous trouvons. Avec ces mêmes Bâtisseurs, nous pratiquons l'agriculture, l'élevage et toutes les autres activités organisées dans ce centre », a-t-il déclaré.
Interrogé sur la méthode de réinsertion des jeunes issus des premières vagues de recrutement, souvent assimilés aux Kuluna, le commandant en chef a expliqué que la discipline constitue la première étape de leur transformation. Après cette phase, les bénéficiaires sont orientés vers différents métiers.
« La première chose que nous faisons, en tant que service paramilitaire, est de leur inculquer les valeurs de discipline. Nous savons que, sans discipline, on ne peut rien faire. La deuxième consiste à leur transmettre des valeurs civiques et patriotiques. Nous formons des conducteurs d'engins agricoles, des maçons, des électriciens, des mécaniciens agricoles, des peintres, des menuisiers et des carreleurs. Grâce aux valeurs patriotiques associées à la discipline militaire, ces jeunes sont capables de produire les résultats que vous voyez aujourd'hui » a expliqué le lieutenant-général Jean-Pierre Kasongo
Bien avant cette activité, rapporte la cellule de communication de la Présidence, Félix Tshisekedi avait inauguré le Centre hospitalier Maman Denise Nyakeru, autrefois à l'abandon et devenu aujourd'hui un pôle de soins, de formation et de développement grâce à l'implication de la Première Dame, Denise Nyakeru Tshisekedi.
Cette nouvelle infrastructure sanitaire, dotée d'équipements médicaux de dernière génération, concrétise un engagement pris par le chef de l'État lors de sa précédente visite à Kaniama-Kasese, en novembre 2024. Elle vise à moderniser et à renforcer les infrastructures sociales de proximité au bénéfice des Bâtisseurs de la Nation ainsi que des populations locales.
En République démocratique du Congo (RDC), le Service national est un organe paramilitaire de l'État placé sous l'autorité de la Présidence de la République. Sa mission principale est d'assurer l'encadrement, la formation et la mobilisation de la jeunesse, notamment la réinsertion des anciens « Kuluna », afin de contribuer à la reconstruction et au développement du pays à travers des activités agricoles, artisanales et de construction.
Clément MUAMBA