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Accord de Washington : le processus de mise en œuvre stagne en juillet avec un score maintenu à 35 % (Baromètre)

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Le processus de mise en œuvre de l'Accord de paix de Washington, signé entre la République démocratique du Congo (RDC) et le Rwanda sous les auspices des États-Unis d'Amérique, continue de marquer le pas dans un contexte marqué par des divergences persistantes dans l'interprétation et la mise en œuvre des engagements convenus. C'est le principal constat dressé par le Baromètre des Accords de Paix en Afrique dans son rapport d'évaluation couvrant la période du 1er au 31 juillet 2026.

Selon ce rapport de ce groupe d'experts indépendants, dont une copie est parvenue à la rédaction de ACTUALITE.CD ce mardi 4 août 2026, le mois de juillet, qui marque le début de la deuxième année de mise en œuvre de l'accord conclu le 27 juin 2025, « s'est caractérisé par l'absence d'avancées significatives dans l'exécution des engagements prévus par l'Accord ».

Le rapport souligne que quelques développements limités ont certes été observés, mais qu'ils « sont demeurés insuffisants pour influer sur le score global de l'Accord ». En conséquence, « le taux de mise en œuvre à la fin du mois de juillet 2026 est demeuré inchangé par rapport à celui de la fin du mois de juin 2026, confirmant ainsi la stagnation du processus de mise en œuvre ».

Les experts rappellent que, sur les 30 tâches identifiées dans le cadre de l'Accord, 22 avaient déjà atteint différents niveaux d'exécution avant la fin du mois de juin. Toutefois, « aucun progrès substantiel n'a été enregistré au 31 juillet 2026, le score global demeurant inchangé à 105 points sur 300, correspondant à un taux de mise en œuvre de 35 % ».

Cette stagnation concerne également les différentes parties impliquées dans l'application de l'accord. Selon le rapport, la RDC conserve un taux de mise en œuvre de 31,7 %, soit 82,5 points sur 260, tandis que le Rwanda maintient un niveau d'exécution de 30,6 %, soit 67,5 points sur 220. Pour sa part, poursuit le Baromètre, la communauté internationale  comprenant notamment les États-Unis, le Qatar, la médiation de l'Union africaine, les organismes des Nations unies et d'autres partenaires internationaux  affiche un taux d'exécution stable de 53,5 %, soit 37,5 points sur 70.

Au-delà des chiffres, le Baromètre alerte sur le risque d'une prolongation de cette situation. Pour étayer son analyse, il met en évidence les divergences persistantes d'interprétation et de position entre les parties, notamment autour de deux engagements sécuritaires majeurs de l'Accord de Washington : la levée des mesures défensives du Rwanda, qui renvoie au retrait des troupes rwandaises du territoire congolais, et la neutralisation des FDLR par la RDC. Selon les experts, ces désaccords continuent de freiner la mise en œuvre de l'accord et alimentent les incertitudes quant à son exécution effective.

« La stabilité des indicateurs entre la fin du mois de juin et celle de juillet 2026 laisse craindre l'ouverture d'une nouvelle phase de stagnation dans la mise en œuvre de l'Accord, à l'instar de celle observée entre décembre 2025 et février 2026. En effet, plusieurs défis déjà mis en évidence dans le Rapport annuel du Baromètre n'ont connu que peu, voire aucune évolution significative au cours de la période allant du 1er au 31 juillet 2026. Sur certains aspects, les divergences d'interprétation et les positions des parties se sont même accentuées, notamment en ce qui concerne le calendrier de retrait des mesures défensives rwandaises, ainsi que les modalités de neutralisation des FDLR », soulignent les experts dans leur rapport.

Ce constat de l'absence de progrès n'est pas une première. Au mois de juin de cette année, alors que la situation sécuritaire dans l'Est de la République démocratique du Congo était examinée par le Conseil de sécurité des Nations unies lors d'une réunion tenue à New York, Massad Fares Boulos, conseiller principal des États-Unis pour les affaires africaines, avait dressé le bilan de l'Accord de Washington conclu un an plus tôt entre la RDC et le Rwanda.

Selon le responsable américain, également surnommé « Monsieur Afrique » de l'administration Trump, les engagements pris par les deux parties n'ont pas été pleinement respectés. Kinshasa est notamment accusé de ne pas avoir suffisamment progressé dans la neutralisation des FDLR dans les zones concernées, tandis que Kigali est pointé du doigt pour le maintien de ses forces sur le territoire congolais et son soutien au mouvement rebelle AFC/M23.

Face à cette situation, Massad Fares Boulos avait exhorté les deux pays à accélérer la mise en œuvre de leurs engagements, estimant que les retards et les justifications n'étaient plus acceptables. Il avait également réaffirmé la volonté des États-Unis de sanctionner tous les acteurs qui entravent le processus de paix dans l'Est de la RDC, notamment des responsables militaires et des réseaux impliqués dans le commerce illicite des minerais.

Dans ce contexte, les appels se multiplient aux niveaux national, régional et international pour exhorter les différentes parties à respecter les engagements souscrits dans le cadre des initiatives de paix. Toutefois, ces appels demeurent, jusqu'à présent, sans effet notable, relançant le débat sur le décalage persistant entre les avancées diplomatiques enregistrées sur le plan politique et la réalité du terrain. La réduction de cet écart peine encore à se concrétiser. Chaque partie continue d'interpréter les dispositions de l'Accord de Washington selon sa propre lecture, rendant sa mise en œuvre toujours plus incertaine.

Clément MUAMBA