You are using an outdated browser. For a faster, safer browsing experience, upgrade for free today.
Catégorie

Littérature: « La femme africaine est appelée à intégrer la modernité sans renoncer à son identité culturelle » : Jonas Biduaya Nkumbi présente son nouvel ouvrage

Foto

Les Éditions Universitaires Européennes annoncent la parution d'un nouvel ouvrage consacré à la place de la femme africaine face aux mutations contemporaines. Dans ce livre, son auteur, Jonas Biduaya Nkumbi, licencié en Relations internationales, écrivain et formateur congolais, analyse les transformations sociales, culturelles et politiques qui redessinent le rôle de la femme africaine entre héritage traditionnel et exigences de la modernité.

À travers cet entretien accordé à Desk Femme d'Actualité.cd, l'auteur revient sur les principaux enseignements de son ouvrage et partage sa vision de l'avenir de la femme africaine.

Monsieur Jonas, vous présentez la femme africaine comme étant « au carrefour de l'africanité et de la modernité ». Selon vous, quels sont aujourd'hui les principaux défis qu'elle doit relever pour concilier ces deux réalités ?

Jonas Biduaya Nkumbi : La femme africaine est confrontée à plusieurs défis, notamment celui de l'acculturation ou, à l'inverse, de l'inculturation. Elle est appelée à être à la fois éducatrice au sein de la famille et gardienne des valeurs culturelles, tout en répondant aux aspirations de la société moderne, notamment par sa participation à la vie politique, son autonomie économique et son engagement dans différents secteurs de développement.

Votre ouvrage évoque les profondes mutations qu'a connues l'Afrique, de la colonisation à la révolution numérique. Parmi ces transformations, laquelle a, selon vous, le plus influencé la condition de la femme africaine ?

Jonas Biduaya Nkumbi : À mon avis, la révolution numérique et la mondialisation sont les transformations qui ont le plus influencé la femme africaine contemporaine. Elles ont profondément modifié l'image que celle-ci a d'elle-même. L'idéal féminin véhiculé par les médias et l'industrie culturelle occidentale pousse de nombreuses femmes africaines à adopter des modes de vie, des styles vestimentaires et des modèles sociaux inspirés de l'Occident. Le modèle de la femme indépendante en constitue une illustration.

Dans plusieurs sociétés africaines, les traditions sont parfois invoquées pour limiter les droits des femmes. Comment distinguer les valeurs culturelles à préserver des pratiques qui freinent leur émancipation ?

Jonas Biduaya Nkumbi : Il faut d'abord rappeler que certaines perceptions de la femme dans les sociétés africaines traditionnelles sont erronées. Depuis toujours, elle y occupe une place importante. Les valeurs culturelles à préserver sont celles qui favorisent l'éducation familiale, la transmission intergénérationnelle du savoir ancestral, la médiation sociale et la cohésion communautaire. Ce sont ces dimensions que je développe dans mon ouvrage.

Les femmes africaines sont aujourd'hui de plus en plus présentes dans les sphères politique, économique et entrepreneuriale. Cette évolution traduit-elle, selon vous, un véritable changement des mentalités ?

Jonas Biduaya Nkumbi : Oui, les mutations que connaît l'Afrique comportent de nombreux aspects positifs. Toutefois, il convient de s'assurer que cette évolution reste en harmonie avec les valeurs culturelles africaines. Comme je l'explique dans mon ouvrage, il ne s'agit pas de rejeter la modernité, mais plutôt de réfléchir à la manière de l'adapter à notre contexte culturel. C'est pourquoi je défends une démarche d'inculturation.

Quel message adressez-vous aux jeunes Africaines qui souhaitent construire leur avenir sans renoncer à leur identité culturelle ? Et quel enseignement les décideurs peuvent-ils tirer de votre ouvrage ?

Jonas Biduaya Nkumbi : J'invite les jeunes Africaines à ne pas considérer l'africanité et la modernité comme deux réalités opposées. Elles peuvent faire de cette rencontre une véritable opportunité pour construire une identité africaine forte, authentique et ouverte sur le monde. La modernité doit être mise au service de nos valeurs culturelles, et non les remplacer.
Nous en avons déjà plusieurs exemples : le tissu Kuba, comme de nombreuses tenues traditionnelles africaines, a été revisité avec une touche contemporaine tout en conservant son identité. C'est cette capacité d'adaptation qui permet de préserver notre authenticité tout en évoluant avec notre époque.