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Rapport de la CNDH : Fayulu accuse Paul Nsapu de partialité

Manifestation de l'opposition le 12 juin 2026 à Kinshasa

Invité ce samedi, aux côtés du Président de la CNDH Paul Nsapu Mukulu, du Space live organisé par Stanis Bujakera Tshiamala, l'opposant Martin Fayulu (ECiDé) s'en est vivement pris au rapport de la Commission sur les incidents du 12 juin, allant jusqu'à mettre en doute l'indépendance de l'institution.

Le leader de l'ECiDé a d'abord contesté la manière dont sa propre blessure est rapportée. Selon lui, le rapport indique qu'il aurait déclaré avoir été atteint par un chevron, alors que Paul Nsapu venait d'évoquer en direct un coup de bâton porté par un manifestant. « C'est écrit dans le rapport », a-t-il martelé, avant de renvoyer aux vidéos montrant, selon lui, des policiers criant « assaut, assaut », et de s'interroger sur l'absence d'identification de ces agents à partir d'arrêts sur image.

Martin Fayulu est ensuite revenu sur le sort de trois militants qu'il affirme avoir vu enlevés devant le siège de son parti, « atteints par balles » puis emportés. Un seul aurait été retrouvé, identifié par la police de Kankokolo sous le nom de Kabeya alias Ngadiadia, dans un état qu'il décrit comme agonique et que Paul Nsapu aurait lui-même constaté. Des scanners médicaux auraient été réalisés à la demande de la police. L'opposant a interpellé directement le Président de la CNDH sur le sort des deux autres personnes disparues : « Où sont les deux autres ? »

Il a par ailleurs reproché au rapport de ne pas mentionner la présence, constatée selon lui par les équipes de la CNDH elles-mêmes, de plus de soixante-dix blessés graves au siège de l'ECiDé. Martin Fayulu a également accusé la Commission de vouloir « excuser » la « Force du Progrès », qu'il qualifie de milice proche de l'UDPS, affirmant que ce groupe aurait agi de façon visible aux côtés de la police pour « commettre des forfaits ».

L'échange s'est conclu sur un ton tendu, l'opposant refusant tout débat contradictoire avec Paul Nsapu et réclamant la production d'un rapport « totalement indépendant », estimant que la direction d'une institution comme la CNDH impose un devoir d'objectivité qu'il juge, en l'espèce, non respecté.