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RDC: « depuis 2019 il n'y a pas de légitimité chez les animateurs politiques actuels », Bob Kabamba Kazadi

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Invité vendredi du Space live organisé par Stanis Bujakera Tshiamala, le professeur de science politique Bob Kabamba Kazadi (Université de Liège) a livré une analyse tranchée sur la crise de légitimité qui, selon lui, traverse le pouvoir congolais depuis 2019.

Interrogé sur l'hypothèse selon laquelle la crise congolaise actuelle trouverait son origine dans le retrait du mandat électoral de Martin Fayulu au profit de Félix Tshisekedi, le professeur répond sans détour : « depuis 2019 il n'y a pas de légitimité chez les animateurs politiques du Congo ». Il pose un principe simple : « pour avoir la légitimité, il n'y a qu'une seule façon : les élections. Ce sont les élections qui permettent de dire si on est légitime ou pas ».

Sur l'arrivée au pouvoir de 2019, le professeur Kabamba Kazadi rappelle « qu'il s'agissait d'un arrangement politique. Et un arrangement politique ne permet pas à quelqu'un qui n'a pas été légitime de s'imposer en disant qu'il est légitime ». Il se montre tout aussi critique sur le scrutin de 2023, qu'il ne considère pas davantage comme légitimant : « ce n'étaient pas des élections qui ont été organisées correctement (...) des élections pendant sept jours, avec des violations graves qui ont été relevées par plusieurs missions d'observation électorale ». Il en tire une conclusion sans ambiguïté : « clairement, le problème vient de la légitimité des animateurs actuels ».

Pour l'analyste, cette absence de légitimité électorale ne saurait être compensée par la popularité ou les manifestations de soutien populaire : « on ne peut pas être légitime parce qu'on vous applaudit dans un stade. Nous pouvons tous, avec des moyens, organiser, remplir le stade et demander qu'on puisse vous applaudir ».