Le président angolais, João Manuel Gonçalves Lourenço, impliqué et très actif dans la recherche d'une solution à la crise dans l'Est de la République démocratique du Congo (RDC), en menant des consultations régulières avec Félix Tshisekedi, en encourageant les efforts régionaux et en plaidant pour un cessez-le-feu immédiat, a reçu, ce vendredi 24 juillet 2026 à Luanda, un message spécial de son homologue de la République démocratique du Congo, Félix Tshisekedi.
Ce courrier, renseigne la présidence angolaise, a été remis par Floribert Anzuluni Isiloketshi, ministre congolais de l'Intégration régionale, qui revient d'Europe après un même exercice auprès des autorités belges, françaises et de l'Union européenne, dans un contexte sécuritaire marqué par la poursuite des hostilités sur le terrain entre les forces gouvernementales et la rébellion de l'AFC/M23, appuyée par le Rwanda et contrôlant de vastes pans des provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, dans l'Est de la RDC.
À l'issue de l'audience, l'émissaire du président congolais a précisé que ce message, dont le contenu demeure « confidentiel », porte principalement sur la situation sécuritaire dans l'Est de la RDC. Il a également souligné que cette démarche s'inscrit dans le cadre des relations de coopération et de confiance qui unissent les présidents João Lourenço et Félix Tshisekedi.
Bien avant l'étape de Luanda, le ministre de l'Intégration régionale de la République démocratique du Congo, Floribert Anzuluni Isiloketshi, accompagné de sa délégation, a été reçu, jeudi 23 juillet 2026 à Pretoria, capitale de la République d'Afrique du Sud, par le président de la République et président en exercice ad intérim de la Communauté de développement de l'Afrique australe (SADC), Cyril Ramaphosa, accompagné de son ministre des Relations internationales et de la Coopération (Affaires étrangères), Ronald Lamola.
Lors de l'audience tenue à l'Union Buildings, siège de la présidence sud-africaine, précise la cellule de communication du ministère de l'Intégration régionale, le ministre Floribert Anzuluni a remis au président Ramaphosa « un message spécial et confidentiel » de Félix Tshisekedi, président de la République démocratique du Congo, adressé à son homologue sud-africain.
Au terme de l'entretien entre le président de la Nation Arc-en-ciel et la délégation congolaise, rien n'a filtré. Cependant, poursuit la source citée, des questions bilatérales ainsi que la situation sécuritaire dans la sous-région et dans l'Est de la République démocratique du Congo ont été abordées.
Le ministre Anzuluni a remercié son hôte pour l'attention particulière accordée au message du président Félix Tshisekedi. Il a également salué l'engagement du président Ramaphosa en faveur du retour d'une paix durable en République démocratique du Congo, de la stabilité de la région des Grands Lacs et du renforcement de l'intégration régionale.
La République démocratique du Congo et la République d'Afrique du Sud sont membres de la Communauté de développement de l'Afrique australe (SADC) et entretiennent d'excellentes relations de coopération. Il y a trois semaines, le président sud-africain Cyril Ramaphosa, en sa qualité de Champion de l'Union africaine pour la riposte contre les épidémies, a effectué une visite de solidarité en République démocratique du Congo afin de soutenir les efforts déployés dans la lutte contre l'épidémie d'Ebola qui sévit dans le nord-est du pays.
Si, du côté de l'émissaire de Félix Tshisekedi, l'on préfère toujours préserver le caractère confidentiel du message adressé à ses interlocuteurs au niveau continental et européen, nos confrères de Jeune Afrique ont révélé que le ministre de l'Intégration régionale, Floribert Anzuluni, a présenté à ses différents interlocuteurs, au cours de sa tournée diplomatique, un protocole prévoyant la démobilisation et le désarmement des FDLR, officiellement paraphé par Victor Byiringiro, président de la branche politique du mouvement.
D'après la source citée, ce document est présenté par la partie congolaise comme l'aboutissement d'un processus de reddition volontaire des combattants, devant conduire à la dissolution du mouvement au terme d'une phase de sensibilisation. Pour Kinshasa, cette étape serait décisive : elle viserait à priver le Rwanda de ce que les autorités congolaises considèrent comme son principal prétexte pour justifier son soutien à la rébellion dans l'Est du pays.
Cette démarche intervient dans un contexte où la neutralisation des FDLR par le gouvernement de la République démocratique du Congo et la levée des mesures défensives, donc du déploiement des forces rwandaises sur le sol congolais, deux engagements clés de l'accord de Washington signé entre Kinshasa et Kigali, n'ont connu aucune avancée un an après la signature de cet accord. Washington, par l'entremise de Massad Boulos, « Monsieur Afrique » de l'administration Trump, qui l'avait reconnu devant le Conseil de sécurité des Nations unies, avait exigé des deux parties le respect des engagements issus de cet accord.
Malgré la signature de cet accord, les choses ne semblent pas évoluer dans la bonne direction, au regard de la poursuite des hostilités sur le terrain, des accusations mutuelles de violations du cessez-le-feu et des interprétations divergentes des termes de l'accord, rendant sa mise en œuvre encore plus complexe. Pendant ce temps, les populations civiles continuent de payer un lourd tribut à cette guerre, tandis que la situation humanitaire demeure particulièrement préoccupante
Clément MUAMBA