Un échange tendu a opposé, lors du Space live organisé par Stanis Bujakera Tshiamala, Félix Momat, ancien vice-ministre du gouvernement Ilunga Ilukamba et toujours membre du Front commun pour le Congo (FCC) de Joseph Kabila, à Lambert Mende Omalanga, ancien porte-parole des différents gouvernements de Joseph Kabila et aujourd'hui membre de l'Union sacrée de la Nation de Félix Tshisekedi.
Félix Momat a d'abord interrogé Lambert Mende sur le moment précis où il assumerait une responsabilité personnelle dans les abus commis par les différents régimes qu'il a servis, y compris l'actuel : « À partir de quel moment précis, honorable Lambert Mende, assumez-vous une responsabilité personnelle dans les abus et dérives des différents régimes que vous avez contribué à légitimer ? Aussi bien au niveau national qu'international. »
Lambert Mende a répondu en posant d'abord un principe général de responsabilité partagée, avant de refuser toute mise en cause personnelle directe : « Nous sommes tous responsables. Même de vivre, vous savez. Naître, vivre, prendre sa place dans une société, ça vous rend toujours responsable de quelque chose. » Il a ensuite précisé le périmètre de ce qu'il reconnaît : « Que je sois responsable de quoi ? Moi, je parle de l'attitude d'un régime que j'ai servi vis-à-vis du Rwanda, qui était telle à un moment donné, et dont le responsable de ce régime aujourd'hui, à la retraite politique, prend une attitude tout à fait différente. C'est de ça que je parle. » Il a insisté : « Donc, ne m'amenez pas à porter un jugement de valeur sur tous les actes qui ont été posés, comme si j'avais la science infuse sur tout et à propos de tout. Non ! »
Face à la relance de Félix Momat, qui affirmait que Lambert Mende assumait « des dérives », ce dernier a fermement démenti toute reconnaissance de responsabilité : « Non, non, non, je ne vous ai pas ... je n'assume rien, monsieur. Je n'assume rien. » Il a interrogé en retour son contradicteur : « Vous voulez que j'assume quoi ? Vous voulez que j'assume qu'on assassine des gens dont j'ignorais qu'on assassinait ? » Il a répété : « Comment pouvez-vous m'assumer des choses que j'ignore ? Comment puis-je assumer des choses qui ne relevaient même pas de ma compétence ? Je n'assume rien. »
Félix Momat a alors demandé à Lambert Mende de préciser, « factuellement et juridiquement », en quoi consistait la manipulation dont il se dit victime sous Kabila : « En me disant, dit et jour, matin, midi et soir, que l'ennemi principal du Congo, c'est le régime rwandais de Kagame, puis en prenant aujourd'hui fait et cause pour ce régime qui est en train de commettre les mêmes actes contre notre pays quelques années plus tard. C'est en cela que réside la manipulation. », a répliqué Mende. Félix Momat a ensuite mis en avant le fonctionnement collégial du gouvernement pour contester la défense de Mende : « Les décisions du Conseil des ministres se font en délibération. Tout se fait en délibération au Conseil des ministres. Donc, si ce que vous affirmez est vrai, vous, en tant qu'ancien ministre, vous avez participé à ces délibérations. »
Lambert Mende a rétorqué en rappelant la nature hiérarchique de sa fonction d'alors : « Toutes les délibérations qu'on fait en Conseil des ministres, en tout cas pour le temps que j'ai travaillé comme ministre de l'Information ... devaient être validées par le président de la République. Il fallait l'imprimatur du président de la République avant de parler. Et il avait le pouvoir même de modifier ce qui avait été dit. »