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Aérodrome de Kenge : l'ancien gouverneur Jean-Marie Petit Petit se défausse sur ses prédécesseurs

Jean-Marie Petit Petit

Alors que le crash survenu à Kenge relance le débat sur l'état des infrastructures aéroportuaires dans le Kwango, l'ancien gouverneur de la province, Jean-Marie Petit Petit, rejette toute responsabilité dans la disparition de l'aérodrome du chef-lieu. Interrogé sur la désaffectation de ce site, il affirme n'avoir fait qu'exécuter une décision prise avant son arrivée. « Ce n'est pas moi qui ai signé cet arrêté de désaffectation », soutient-il dans un échange avec ACTUALITE.CD invoquant le « principe de la continuité » de l'État.

Selon lui, le dossier a été ouvert par ses prédécesseurs, qui ont signé l'arrêté après avoir obtenu l'aval de l'Assemblée provinciale, sans avoir eu le temps de le mettre en œuvre. À son arrivée, dit-il, il s'est rendu sur place et a constaté que près de la moitié du site était déjà occupée illégalement. L'ancien gouverneur décrit un aérodrome laissé à l'abandon depuis 1986, faute de contrôle, et progressivement envahi sous l'effet de la pression démographique. Des habitations y ont été érigées et un cimetière y a même été aménagé.

 « C'étaient des familles entières, avec des enfants », justifie-t-il, estimant qu'un déguerpissement était impossible et que le maintien d'une piste en pleine ville exposait à des risques comparables à ceux observés autour de l'aéroport de Ndolo, à Kinshasa.

Des sites alternatifs jamais aménagés

La désaffectation de la piste initiale, longue d'environ 900 mètres, devait s'accompagner de l'affectation d'un nouveau site pour l'aérodrome. Plusieurs options ont été étudiées, notamment avec des agents de la Régie des voies aériennes (RVA) venus à Kenge. Parmi elles, Kingulu, jugé trop court avec une piste d'environ 600 mètres, ainsi que Sarambewa et Makiala (1000 mètres), situé à une quinzaine de kilomètres, où une piste de près de 2 000 mètres aurait pu être envisagée. Mais aucun de ces projets n'a connu le moindre début de travaux. « Kenge n'a plus d'aérodrome », reconnaît l'ancien gouverneur, qui dit avoir plaidé à plusieurs reprises pour la construction d'un aéroport de secours capable d'accueillir des gros porteurs de type Airbus A330 en provenance d'Europe.

Des parcelles attribuées à des personnalités

La version de l'ancien gouverneur laisse toutefois de côté une partie du dossier. Selon nos informations, le terrain de l'ancienne piste a été distribué, sous son mandat, à d'anciens députés et ministres. Autrement dit, la première phase du projet, la désaffectation et le lotissement du site, a bien été exécutée, tandis que la seconde, l'aménagement d'un nouvel aérodrome, n'a jamais vu le jour.

Au final, le constat est partagé : l'occupation anarchique de l'ancienne piste, l'absence de site de remplacement et l'inaction des autorités successives ont privé Kenge de toute infrastructure aéroportuaire. Mais dans ce dossier où chacun reconnaît le désordre, personne ne semble en assumer la responsabilité.