Dialogue national : Delly Sesanga revendique le "recul" de Tshisekedi sous la pression de la C64

Delly Sesanga
Delly Sesanga, Président national du parti Envol

Interrogé sur le risque de faire, malgré lui, le jeu d'un pouvoir accusé de gagner du temps pour démobiliser l'opposition, l'opposant Delly Sesanga (C64) a rejeté cette lecture, rappelant que cette même critique venait hier de ceux qui jugeaient impossible toute manifestation à Kinshasa et prônaient la seule voie de la violence armée pour s'exprimer politiquement.

Pour lui, la C64, longtemps qualifiée d'"opposition faible", a au contraire obtenu un résultat tangible : porter le débat au niveau de la sous-région et contraindre le président Tshisekedi à revenir sur ses "pétitions de principe" excluant tout dialogue national.

 Delly Sesanga qui intervenait mardi au space live organisé par Stanis Bujakera Tshiamala, rappelle qu'avant même la formation de la coalition, Corneille Nangaa, Joseph Kabila et l'opposition prise isolément appelaient déjà à ce dialogue, évoquant la feuille de route de Luanda, portée sous la médiation africaine de João Lourenço, qui avait atteint selon lui un niveau d'avancement laissant espérer une issue rapide.

Ce recul présidentiel serait donc directement imputable, selon l'opposant, à la pression exercée par la C64 sur le terrain. Il estime que le chef de l'État se trouve désormais "au mur" et doit tenir la parole donnée, sous le regard des pères de l'Église engagés à ses côtés. 

Un désengagement de Tshisekedi ne se ferait pas seulement au détriment de la coalition, prévient-il, mais de l'ensemble d'une société congolaise convaincue que l'action pacifique peut encore faire reculer ce qu'il qualifie de dérive dictatoriale, un premier succès obtenu, selon lui, en l'espace de deux mois, qu'il s'agit désormais de consolider dans la durée.