RDC : MSF plaide pour la réintégration du Nord-Kivu dans les financements du Fonds mondial contre le paludisme

Test pour diagnostiquer le Paludisme
Test pour diagnostiquer le Paludisme

Médecins sans frontières (MSF) appelle le Fonds mondial et les autorités congolaises à réintégrer le Nord-Kivu dans la programmation et l'allocation des ressources du GC8 consacrées à la lutte contre le paludisme. La province a été exclue des priorités de financement après l'occupation d'une partie de son territoire par la rébellion de l'AFC/M23.

L'organisation humanitaire demande également une répartition des ressources basée sur la vulnérabilité des populations et la charge de la maladie.

Le GC8 constitue le prochain cycle triennal de financement du Fonds mondial, couvrant la période 2027-2029. Il concerne la lutte contre le paludisme, le VIH et la tuberculose. Selon MSF, l'exclusion du Nord-Kivu intervient alors que le paludisme reste la principale cause de morbidité en RDC et demeure particulièrement présent dans cette province.

Stéphane Doyon, responsable des programmes de MSF, alerte sur la situation du Nord-Kivu, l'une des provinces les plus touchées par le conflit armé. Les déplacements répétés de populations, l'insécurité alimentaire et les difficultés d'accès aux soins y renforcent l'exposition au paludisme ainsi que le risque de développer une forme grave de la maladie.

« En l’état actuel, la province du Nord-Kivu serait exclue des futures priorités de financement pour la lutte contre le paludisme, alors même que son système de santé pourrait bientôt être submergé par l’épidémie d’Ebola en cours. La similitude entre les premiers symptômes du paludisme et ceux d’Ebola peut compliquer le diagnostic et retarder la mise en place d’un traitement approprié, ce qui accroît encore la pression sur des systèmes de santé déjà fortement sollicités. Le Nord-Kivu est l’une des provinces les plus durement touchées par le conflit armé. Les déplacements répétés de populations, l’insécurité alimentaire et les obstacles à l’accès aux soins créent des conditions qui augmentent à la fois l’exposition au paludisme et le risque de développer une forme grave de la maladie », alerte Stéphane Doyon. 

De nombreux habitants ayant fui les combats entre des groupes armés alliés au gouvernement congolais et l'AFC/M23 se retrouvent dans des forêts ou des zones reculées, où l'exposition au paludisme est élevée et l'accès aux soins limité.

MSF alerte également sur la pression supplémentaire que pourrait subir le système de santé du Nord-Kivu avec l'épidémie d'Ebola en cours. La similitude entre les premiers symptômes du paludisme et ceux d'Ebola peut compliquer le diagnostic et retarder la prise en charge des patients.

En 2025, dans les zones de santé de Bambo, Kibirizi et Rutshuru, où MSF intervient dans des structures sanitaires gérées par le ministère de la Santé, le paludisme représentait entre 48 % et 58 % des consultations.

Plus de 255 000 cas simples et plus de 26 000 cas graves de paludisme y ont été pris en charge par MSF, le ministère de la Santé et leurs partenaires. Parmi ces patients, plus de 165 560 ont été traités dans des structures de santé soutenues par MSF.

Josué Mutanava, à Goma