Le ministre d'État, ministre de la Justice et garde des Sceaux, Guillaume Ngefa Atondoko Andali, a échangé avec une délégation du comité stratégique des parlementaires du Grand Équateur venue lui présenter plusieurs préoccupations liées au fonctionnement de la justice et des institutions dans cette partie du pays.
Conduite par le député national José Engbanda Mananga, président des parlementaires du Grand Équateur, la délégation a notamment évoqué les conflits institutionnels observés au Sud-Ubangi et dans la Mongala, la non-exécution de certaines décisions rendues par les juridictions, ainsi que des cas de tracasseries policières et militaires signalés dans plusieurs localités, notamment à Bansakusu et Bolomba, dans la province de l'Équateur.
À l'issue de la rencontre, José Engbanda Mananga a indiqué avoir exposé au ministre d'État les difficultés rencontrées sur le terrain.
« Nous avons présenté au ministre d'État les problèmes liés à la non-exécution de certaines décisions judiciaires au Sud-Ubangi, les difficultés concernant un réquisitoire du parquet général en Mongala resté sans suite, ainsi que les tracasseries policières et militaires dont sont victimes les populations dans plusieurs localités du Grand Équateur. Il a pris acte de toutes ces préoccupations et a assuré qu'il en suivra l'évolution », a déclaré le député national José Engbanda Mananga.
Selon lui, ces situations affectent le fonctionnement normal des institutions provinciales et contribuent à maintenir un climat d'incertitude dans certaines entités.
« Nous sommes venus solliciter l'implication du responsable de la justice afin que les décisions des cours et tribunaux soient effectivement exécutées. C'est une étape indispensable pour consolider l'État de droit et garantir le bon fonctionnement des institutions. Nous espérons des avancées dans les prochains jours », a-t-il ajouté.
Prenant acte des préoccupations soulevées, Guillaume Ngefa a réaffirmé sa disponibilité à suivre l'évolution de ces dossiers, tout en rappelant son attachement au respect des principes fondamentaux de l'État de droit.
« J’ai pris acte de ces préoccupations et réaffirmé mon engagement à en assurer le suivi, dans le strict respect de la loi, de l’indépendance de la justice et du bon fonctionnement des institutions », a rassuré le ministre d'État.
Ces préoccupations interviennent dans un contexte marqué par des interrogations persistantes sur le fonctionnement et l'efficacité du processus de démembrement territorial en République démocratique du Congo. La réforme ayant porté le nombre de provinces de 11 à 26 entités visait notamment à rapprocher l'administration des citoyens et à favoriser un développement équilibré du territoire. Toutefois, plusieurs nouvelles provinces restent confrontées à d'importantes difficultés de fonctionnement dans différents secteurs de la vie publique.
D'après plusieurs observateurs, cette situation s'explique par plusieurs facteurs. En premier lieu, un déficit chronique de ressources financières : les mécanismes de transfert des moyens et la rétrocession de 40 % des recettes nationales prévues au profit des provinces n'ont pas été appliqués de manière effective. Cette situation limite leur capacité à financer les infrastructures de base et à assurer leur développement.
À cela s'ajoute l'insuffisance des infrastructures et des capacités administratives. Le découpage territorial a été mis en œuvre sans une préparation suffisante, laissant plusieurs nouvelles provinces confrontées à un manque de bâtiments administratifs, d'équipements et de personnel qualifié.
Enfin, les difficultés de gouvernance locale constituent un autre défi majeur. Le fonctionnement des institutions provinciales demeure souvent perturbé par des conflits politiques internes, des tensions communautaires et des cas récurrents de mauvaise gestion financière.
Ces facteurs, qui touchent également le secteur de la justice congolaise, fragilisent l'efficacité des institutions provinciales et ralentissent la mise en œuvre des politiques publiques
Clément MUAMBA