Ituri : un mouvement de grève des prestataires perturbe partiellement la riposte contre Ebola

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La riposte contre la maladie à virus Ebola connaît ses premières perturbations majeures en Ituri. Des prestataires locaux engagés dans les activités de surveillance, d'investigation, d'hygiène, de prise en charge et de prévention ont déclenché ce lundi 6 juillet un mouvement de grève pour réclamer le paiement de leurs primes, faisant craindre un ralentissement des interventions dans la province, épicentre de la 17ᵉ épidémie d'Ebola en République démocratique du Congo.

À Bunia, des pneus ont été brûlés devant l'entrée de l'hôpital général de Rwampara, où plusieurs prestataires ont exprimé leur colère. Selon des sources concordantes, certaines activités de terrain sont déjà affectées, notamment le suivi des contacts, les investigations et d'autres interventions essentielles à la maîtrise de l'épidémie.

« Nous sommes en première ligne depuis le début de cette épidémie. Nous risquons notre vie chaque jour pour protéger la population, mais nous travaillons sans être payés. Nous ne pouvons plus continuer dans ces conditions. Tant que notre situation ne sera pas régularisée, il sera difficile d'assurer normalement les activités de la riposte », a déclaré un représentant des prestataires grévistes.

Selon plusieurs sources proches du dossier, des discussions ont été engagées depuis dimanche entre les représentants des prestataires et les responsables de la riposte afin de trouver une issue à la crise. Cependant, aucun accord officiel ni calendrier de paiement n'ont été communiqués, et les manifestations ont repris lundi matin.

Ce mouvement intervient alors que plusieurs enveloppes financières ont été annoncées ces dernières semaines pour soutenir la lutte contre Ebola en RDC. Sur le terrain, toutefois, les prestataires affirment ne pas ressentir les effets de ces annonces et dénoncent plusieurs semaines d'impayés.

Cette crise intervient alors que l'Ituri continue d'enregistrer la majorité des cas d'Ebola dans le pays. Les spécialistes rappellent que toute interruption des activités de surveillance, d'investigation, de suivi des contacts ou de prise en charge peut favoriser la poursuite de la transmission du virus et compliquer davantage les efforts de contrôle de l'épidémie.

Au moment de la publication de cet article, ni le ministère de la Santé publique, ni la coordination provinciale de la riposte, ni les principaux partenaires techniques n'avaient officiellement communiqué sur l'issue des négociations engagées avec les prestataires.

Freddy Upar, à Bunia