Les États-Unis ont salué la décision du Conseil de sécurité des Nations unies de prolonger d'une année le régime de sanctions visant la République démocratique du Congo (RDC). Ce régime de sanctions est applicable à la République démocratique du Congo (RDC) jusqu'au 1er juillet 2027. En adoptant à l'unanimité de ses 15 membres la résolution 2825 (2026), il a également renouvelé le mandat du Groupe d'experts chargé de veiller à sa mise en œuvre.
Washington estime que cette décision constitue une avancée importante pour soutenir les efforts de paix dans l'est du pays. S'exprimant dans un communiqué parvenu à la rédaction de ACTUALITE.CD ce mercredi 1 juillet 2026, l'ambassadrice Jennifer Locetta, représentante suppléante des États-Unis pour les affaires politiques spéciales, a déclaré que « le renouvellement, aujourd'hui, du mandat du Groupe d'experts ainsi que des mesures d'embargo sur les armes, d'interdiction de voyager et de gel des avoirs, constitue une étape importante vers la réalisation de notre objectif collectif, à savoir la paix dans l'est de la RDC ».
Les États-Unis ont particulièrement salué la prise en compte de l'exploitation illicite des ressources naturelles dans la nouvelle résolution. Selon Washington, ce commerce continue d'alimenter les violences dans les provinces de l'est.
« L'extraction illicite des minerais alimente le conflit en RDC. Les rapports du Groupe d'experts sont essentiels pour retracer ces activités illicites et identifier les personnes qui y participent activement », a souligné Jennifer Locetta. Elle a ajouté que « si le Comité souhaite véritablement s'attaquer aux facteurs contribuant au conflit, il est impératif de poursuivre ceux qui se livrent au commerce illicite de minerais extraits dans les zones de conflit ».
La diplomate américaine a également réaffirmé le soutien de son pays aux efforts visant à lutter contre l'impunité, notamment dans l'affaire des experts de l'ONU Michael Sharp et Zaida Catalan, assassinés en 2017 au Kasaï. Elle a salué « les progrès accomplis récemment en RDC pour lutter contre l'impunité des principaux responsables » et a appelé à poursuivre les poursuites judiciaires contre « toutes les personnes impliquées, y compris celles mêlées à la planification, à la direction ou au financement des tueries ».
Par ailleurs, Washington s'est félicité de l'adoption d'un nouveau critère de désignation des sanctions permettant de viser les entités qui entravent le mandat de la Mission de l'Organisation des Nations unies pour la stabilisation en RDC (MONUSCO). Pour les États-Unis, cette disposition représente « une avancée très importante vers le renforcement de la responsabilité ».
Dans le même registre, les États-Unis ont réaffirmé leur engagement en faveur d'un régime de sanctions « robuste et crédible », estimant qu'il doit refléter « les réalités du terrain, protège les civils et favorise l'obligation de rendre des comptes pour ceux qui perpétuent la violence et l'instabilité dans la région ».
L'adoption de cette résolution intervient alors que, malgré l’existence de l’Accord de Washington et la tenue successive de réunions d’évaluation, la situation sécuritaire et humanitaire dans l’Est de la RDC continue de se détériorer. Des tensions persistent également entre Kinshasa et Kigali, chaque camp interprétant à sa manière les dispositions de l’Accord de Washington, ce qui rend sa mise en œuvre complexe et difficile, une année après sa signature au niveau ministériel.
Il en va de même pour le processus de Doha, placé sous l’égide de l’État du Qatar. Malgré plusieurs cycles de discussions, Kinshasa et la rébellion de l’Alliance du Fleuve Congo (AFC)/M23, soutenue par le Rwanda, peinent toujours à rapprocher leurs positions sur les principaux points de divergence. L’étape de Montreux, en Suisse, qui devait insuffler une nouvelle dynamique à ce processus, n’a pas produit les résultats escomptés. Les engagements issus de cette phase de négociations n’ont pas été pleinement respectés, tandis que la détérioration de la situation sécuritaire au Moyen-Orient a également contribué à reléguer ce dossier au second plan, ralentissant davantage les efforts de médiation.
Face à cette situation, des voix continuent de s’élever aux niveaux national, régional et international pour appeler les différents protagonistes au respect des engagements souscrits dans le cadre des initiatives de paix. Toutefois, ces appels demeurent, jusqu’à présent, sans effet notable. L’objectif de réduire le fossé persistant entre les réalités du terrain et les avancées diplomatiques enregistrées sur le papier peine encore à se concrétiser. Chaque partie continue, en effet, d’interpréter les dispositions de l’accord selon sa propre lecture, rendant sa mise en œuvre davantage incertaine.
Clément MUAMBA