Goma : des facilitateurs et leaders religieux outillés par Tearfund RDC sur la transformation communautaire

Des facilitateurs et leaders religieux outillés par Tearfund RDC
Des facilitateurs et leaders religieux outillés par Tearfund RDC

L’organisation internationale Tearfund RDC a réuni la semaine dernière, une cinquantaine de facilitateurs et leaders issus de différentes confessions religieuses de la ville de Goma, notamment des axes Ndosho, Mugunga et Lac-Vert dans le cadre du Projet Church and Community Transformation, mis en œuvre afin de contribuer à l’amélioration du bien-être des membres des églises, des mosquées et des communautés locales.

La session a été encadrée par Edouard Saidi Wakilongo, chargé de la transformation de l’Église, de la communauté et de l’influence au sein de Tearfund RDC.

« Aujourd’hui, nous travaillons avec des facilitateurs issus des églises et des communautés. Les échanges portent sur les voies et moyens permettant d’aider les communautés et les membres des églises à transformer leurs conditions de vie, en passant d’une situation de pauvreté extrême à un bien-être amélioré. Après une première formation organisée au mois d’avril, soit deux mois plus tôt, il a été jugé nécessaire de se retrouver à nouveau afin de réfléchir ensemble, de partager les expériences et les leçons apprises, et de recadrer la démarche vers une transformation holistique », a expliqué Edouard Saidi Wakilongo.

Il a précisé que l’objectif est de former des facilitateurs de qualité, capables d’amener les communautés à se préoccuper de leur bien-être physique, matériel et relationnel, tout en restaurant les relations avec les autres, avec eux-mêmes, avec l’environnement et avec Dieu. Selon lui, les outils de mobilisation abordés visent à permettre aux communautés de changer leurs mentalités, leurs perceptions et leurs pratiques afin de s’engager dans une transformation durable, qui ne soit pas uniquement matérielle ou axée sur la recherche de moyens financiers.

Il a souligné qu’une transformation efficace repose sur une vision claire et partagée, considérée comme le point de départ du processus. Cette vision doit être comprise, définie et développée collectivement par les communautés elles-mêmes, et non imposée par les leaders communautaires ou religieux. Il a également indiqué que les formations portent sur les étapes du développement d’une vision holistique, les caractéristiques et les méthodes techniques du facilitateur, ainsi que sur la manière de conduire, dans un cadre ecclésial, des études bibliques débouchant sur une transformation concrète de l’individu.

Les participants, autrefois confrontés à une dépendance à l’aide humanitaire et à une pauvreté extrême, sont aujourd’hui en mesure de répondre à plusieurs besoins essentiels liés à leur survie, notamment l’alimentation, les soins de santé, l’habillement et la scolarisation des enfants. Cette évolution est attribuée à leur engagement dans le processus de mobilisation des églises et des communautés en vue d’une transformation holistique.

La rencontre a permis de renforcer les capacités des facilitateurs afin qu’ils puissent accompagner les communautés vers une amélioration durable de leurs conditions de vie. L’approche met l’accent sur une transformation globale intégrant les dimensions physique, matérielle, sociale, environnementale et spirituelle du bien-être.

L’initiative encourage également le développement d’une vision communautaire partagée, définie et portée par les membres eux-mêmes, considérée comme le point de départ d’un processus de transformation durable. Elle privilégie également la valorisation des ressources locales et des capacités internes des communautés, plutôt que la dépendance à une assistance extérieure.

Cette démarche considère l’Église comme l’ensemble de ses membres et non comme une simple institution, et s’étend à toute la communauté sans distinction d’appartenance religieuse. Les responsables religieux sont ainsi appelés à placer le bien-être des fidèles et des communautés au centre de leurs actions.

Pour rappel, au mois de février 2026, ces facilitateurs et leaders religieux avaient bénéficié de plusieurs formations axées sur la mission intégrale, la construction d’une vision holistique, la conduite d’études bibliques débouchant sur des actions concrètes, l’identification participative des besoins prioritaires et l’évaluation du bien-être communautaire en vue d’une transformation autonome.

À travers ce programme, Tearfund RDC ambitionne de mettre en place un réseau de facilitateurs capables de diffuser cette approche dans d’autres communautés du Nord-Kivu, afin de contribuer à la lutte contre la pauvreté sous toutes ses formes et à la promotion d’un développement durable porté par les communautés elles-mêmes.

Josué Mutanava, à Goma