Le débat autour de la révision de la Constitution continue de susciter des réactions au sein de la classe politique congolaise. Intervenant sur la plainte envisagée par le collectif C64 contre le Président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi, pour des faits présumés de haute trahison, Maître Magloire Kasongo, secrétaire général honoraire du parti Autre Vision du Congo (AVC), estime que cette démarche est vouée à l’échec.
Selon ce juriste, les initiateurs de cette action judiciaire ne disposent ni des éléments de preuve ni des fondements juridiques nécessaires pour soutenir leurs accusations.
« La plainte annoncée par C64 n’aboutira à rien, faute de moyens et de preuves justificatives. Il est absurde d’accuser le Chef de l’État d’avoir tenté de renverser l’ordre constitutionnel ou d’avoir commis un acte de haute trahison alors qu’il s’agit de l’expression démocratique d’un peuple qui sollicite le changement de la Constitution », a déclaré Maître Magloire Kasongo.
Pour lui, cette initiative relève davantage d’une manœuvre politique destinée à détourner l’attention de l’opinion publique que d’une véritable action fondée en droit. Il qualifie ainsi cette démarche d’« enfumage » et de « distraction de mauvais goût ».
Abordant la question de la réforme constitutionnelle, le secrétaire général honoraire de l’AVC estime que la Constitution actuellement en vigueur ne répond plus aux réalités du pays et présente plusieurs insuffisances dans la gestion des affaires publiques.
« Cette Constitution est tombée en désuétude. Elle ne reflète plus les réalités sociétales actuelles et pose de nombreux problèmes dans la gouvernance du pays. Il est donc nécessaire de l’adapter aux exigences du moment », a-t-il soutenu.
Maître Magloire Kasongo appelle ainsi le Président Félix Tshisekedi à accompagner les aspirations d’une partie de la population favorable à une réforme de la loi fondamentale. À défaut, prévient-il, le peuple pourrait lui-même engager des actions contre le Chef de l’État.
« Si le Président de la République n’accompagne pas le peuple congolais dans cette démarche de changement de la Constitution, celui-ci pourrait déposer une plainte contre lui pour non-assistance à un peuple en danger. Maintenir les Congolais sous une Constitution présentant autant de lacunes reviendrait à les abandonner face aux défis auxquels le pays est confronté, notamment les menaces expansionnistes attribuées à Paul Kagame», a-t-il affirmé.
Alors que les discussions sur une éventuelle révision constitutionnelle divisent la classe politique et la société civile, les prises de position continuent d’alimenter un débat qui s’impose progressivement comme l’un des principaux enjeux politiques du pays.