Ebola: les ministres de la Santé de l'EAC saluent la réaffectation par la Banque Allemande de Développement d'un million d'euros pour renforcer les capacités de diagnostic et de laboratoire dans la région

Un agent de santé dans le laboratoire de l'INRB
Un agent de santé dans le laboratoire de l'INRB

L'épidémie de la maladie à virus Ebola qui sévit dans l'Est de la République démocratique du Congo et en Ouganda continue de susciter une mobilisation internationale. Dans ce cadre, la Banque allemande de développement a annoncé un financement de 1 million d'euros destiné à soutenir les efforts de riposte dans la région.

Cette annonce a été faite par les ministres de la Santé des États membres de la Communauté d'Afrique de l'Est (EAC) lors de la 8ᵉ réunion extraordinaire du Conseil sectoriel des ministres de la Santé de la CAE. La rencontre s'est tenue par visioconférence les 1er et 2 juin 2026, avec Arusha, en Tanzanie, comme point focal des travaux.

"La réunion a également porté sur la mobilisation des ressources nécessaires à la lutte contre Ebola. Les ministres se sont félicités de l'engagement de la Banque allemande de développement (KfW) à réaffecter 1 million d'euros au déploiement de laboratoires mobiles, à l'acquisition de matériel de diagnostic et à la formation du personnel de laboratoire. Ils ont également pris note des efforts déployés par le Secrétariat de la CAE et l'agence allemande de coopération au développement (GIZ) pour mobiliser des fonds supplémentaires en faveur de la lutte contre Ebola et renforcer la préparation aux pandémies dans la région", rapporte le communiqué final de l'EAC.

D'après ce document rendu public ce jeudi 4 juin 2026 et parvenu à ACTUALITE.CD, les ministres ont également chargé le Secrétariat, en collaboration avec les États partenaires, d'élaborer un plan régional complet de contingence, de réponse et de rétablissement face à la maladie à virus Ebola. La réunion a reconnu que les problèmes de sécurité continuent d'entraver la mise en œuvre d'interventions de santé publique essentielles dans certaines zones touchées, notamment la communication des risques, le traçage des contacts, les inhumations dignes et sécurisées et la gestion des voyageurs. 

En conséquence, les ministres ont convenu de convoquer une réunion multisectorielle afin d'examiner les préoccupations sécuritaires liées à la riposte à Ebola, y compris ses implications pour le commerce régional et la libre circulation des personnes en vertu du Protocole du marché commun de la Communauté des États d'Afrique de l'Est (EAC).

"Les ministres de la Santé de la CAE ont réaffirmé leur engagement en faveur de la solidarité régionale et de l'action collective pour lutter contre l'épidémie d'Ebola et protéger la santé et le bien-être des citoyens d'Afrique de l'Est. Ils ont appelé les partenaires au développement, les institutions régionales et les parties prenantes à continuer de soutenir les efforts de la CAE visant à renforcer les capacités de préparation, de surveillance et de riposte, et à bâtir des systèmes de santé résilients, capables de répondre efficacement aux futures urgences de santé publique".

En date du 15 mai 2026, une épidémie d’Ebola a été confirmée dans la province de l’Ituri, au nord-est de la République démocratique du Congo, avant de s’étendre aux provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a déclaré cette épidémie comme une urgence de santé publique de portée internationale. Il s’agit d’une souche rare du virus pour laquelle il n’existe ni vaccin homologué ni traitement spécifique.

Cette épidémie de maladie à virus Ebola, la 17ᵉ de l’histoire sanitaire de la RDC, intervient dans une région déjà fragile. La grave situation humanitaire dans l’Est du pays, où plus de 26 millions de personnes sont confrontées à une insécurité alimentaire aiguë, accroît davantage leur vulnérabilité. La malnutrition, les déplacements de populations et la fragilité des services de santé contribuent à un risque élevé d’infection et de mortalité.

À cela s’ajoutent l’activisme des groupes armés locaux et étrangers ainsi que les opérations militaires entre les forces gouvernementales et la rébellion de l’AFC/M23, soutenue par le Rwanda, qui aggravent la vulnérabilité des populations de cette partie du pays, dans un contexte marqué par le statu quo des initiatives diplomatiques pilotées par les États-Unis d’Amérique et l’État du Qatar

Clément MUAMBA