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RDC: "La Constitution constitue la ligne rouge" : Delly Sesanga détaille les conditions de la C64 pour le dialogue national

Félix Tshisekedi

Intervenant mardi lors du Space live organisé par Stanis Bujakera Tshiamala, l'opposant Delly Sesanga a détaillé les lignes rouges de la C64 dans la perspective du dialogue national annoncé par le président Tshisekedi, tout en renvoyant à ce dernier la responsabilité de la suite du processus. "La balle est dans le camp de Monsieur Tshisekedi. S'il veut qu'on puisse avancer sur le chemin du dialogue, c'est très bien. S'il veut fermer les portes comme il l'a fait il y a quelque temps, c'est son droit", a-t-il déclaré, tout en rappelant que les Congolais conservent le droit d'exiger le respect de la Constitution.

Pour l'opposant, le dialogue doit être "global" et couvrir cinq dimensions de la crise : la crise militaire et sécuritaire, la crise de gouvernance, la crise du processus électoral, la crise sociale, et enfin la "crise constitutionnelle", cette dernière ajoutée, selon lui, par le chef de l'État lui-même. Mais il pose une limite claire : "La Constitution constitue la ligne rouge [...] Le dialogue ne peut pas être le prétexte du changement de la Constitution. Ça doit être une ligne que l'on ne franchira pas." Il ajoute une seconde ligne rouge, celle de l'inclusivité, refusant que le dialogue serve d'"instrument de clivage national".

Interrogé sur l'hypothèse, évoquée dans les cercles du pouvoir, d'un dialogue débouchant sur un référendum, Delly Sesanga a été catégorique : "Non, c'est une ligne rouge. Ce n'est pas l'objectif [...] et ça ne le sera pas." Pour lui, les véritables maux du pays relèvent de la gouvernance et de la crise sécuritaire, non d'un problème de texte constitutionnel. Il a par ailleurs récusé toute réduction de l'opposition à ses figures politiques, lui-même, Martin Fayulu, Moïse Katumbi ou Joseph Kabila, affirmant que "l'opposant, c'est d'abord le peuple congolais", et jugeant que l'idée de "mettre tout un pays en crise" pour offrir un troisième mandat à un individu "doit quitter la tête de quelques-uns".