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A Mongbwalu où la Première ministre est arrivée ce vendredi, la pénurie d'eau potable compromet les efforts de lutte contre Ebola

Carte du territoire de Djugu

La Première ministre Judith Suminwa poursuit sa mission d'évaluation de la riposte contre Ebola en Ituri. Elle est arrivée ce vendredi à Mongbwalu, dans le territoire de Djugu où la maladie reste concentrée. Mais la question de l'accès à l'eau potable s'impose comme l'un des défis majeurs à Mongbwalu. Dans cette cité minière où le lavage régulier des mains constitue l'une des principales mesures de prévention, des centaines de ménages peinent encore à se procurer l’eau salubre.

Chaque matin, femmes et enfants parcourent plusieurs kilomètres, bidons sur la tête ou à la main, pour rejoindre une source naturelle. Les quelque bornes fontaines installées dans la cité restent hors de portée de nombreuses familles en raison des frais exigés pour s'approvisionner.

Pour les habitants, cette réalité rend difficile le respect des mesures d'hygiène recommandées dans le cadre de la lutte contre la maladie à virus Ebola.

« Nous venons de très loin pour chercher de l'eau de source naturelle. Vu que partout dans la cité, avoir de l'eau est un problème, le peu de bornes-fontaines disponibles nous facturent des coûts que nous ne pouvons pas supporter au quotidien. C'est pour ça que nous venons puiser jusqu'ici », témoigne Françoise Ididi, ménagère à Mongbwalu.

Au-delà des difficultés d'approvisionnement, les habitants soulignent les conséquences directes de cette pénurie sur la prévention des maladies infectieuses. Le lavage fréquent des mains, pourtant au cœur de la stratégie de riposte contre Ebola, devient un luxe pour de nombreux ménages.

« Beaucoup de femmes souffrent réellement pour se procurer de l'eau durant cette épidémie. Sans une quantité suffisante d'eau dans un ménage, il est difficile de se laver régulièrement les mains avec de l'eau potable », poursuit-elle.

La situation est tout aussi préoccupante au marché central de Mongbwalu. Les points de lavage des mains y sont insuffisants et souvent dépourvus d'eau, exposant commerçants et clients à des risques sanitaires accrus.

« Je demande aux autorités de nous construire une borne-fontaine d'eau ici au marché. Nous sommes obligés d'aller trop loin pour nous procurer de l'eau, rien que pour maintenir l'hygiène au sein du marché. Les points de lavage des mains sont presque absents et dépourvus d'eau. Nous passons la journée sans nous laver les mains. Que les autorités réagissent », plaide une commerçante.

Cette réalité intervient au moment où le gouvernement congolais intensifie la riposte contre la 17ᵉ épidémie d'Ebola qui a déjà dépassé le cap des 1000 morts. En déplacement en Ituri, la Première ministre Judith Suminwa est venue évaluer les dispositifs mis en place et réaffirmer l'engagement de l'État à renforcer la lutte contre l'épidémie.

Mais à Mongbwalu, les habitants estiment que la riposte ne pourra produire des résultats durables sans un meilleur accès à l'eau potable. Pour eux, l'amélioration des infrastructures hydrauliques constitue désormais une urgence sanitaire, au même titre que les centres de traitement, la surveillance communautaire ou la sensibilisation.

Freddy Upar, à Bunia