Au total trente-trois jeunes, présentés comme affiliés à des partis politiques, sont poursuivis pour association de malfaiteurs et terrorisme, après leur interpellation cette semaine à Lubumbashi, dans la province du Haut-Katanga.
D’après le ministère public, représenté par le magistrat militaire, le major Aimé Umba, ces prévenus sont impliqués dans des violences survenues du 13 au 15 avril 2026 dans la commune de Kenya. Armés d’armes blanches, ils auraient notamment érigé des barricades, attaqué des civils et vandalisé plusieurs biens. Des véhicules ont été endommagés et des commerces incendiés, entraînant une paralysie des activités économiques dans cette partie de la ville.
« Ces actes, d’une gravité particulière, ont fortement perturbé l’ordre public et paralysé les activités socio-économiques dans cette partie de la ville », a déclaré le magistrat major Aimé Umba.
Un procès en flagrance au stade Kibassa Maliba
Le procès des 33 prévenus s’est ouvert en audience publique au stade Kibassa Maliba. Il est instruit par le Tribunal militaire de garnison de Lubumbashi, siégeant en procédure de flagrance et au premier degré. Cette procédure permet de juger rapidement les faits, au regard de leur gravité et du trouble causé à l’ordre public.
Des violences devenues récurrentes
Ces incidents s’inscrivent dans un contexte de tensions récurrentes dans la commune de Kenya, souvent citée parmi les zones sensibles de Lubumbashi.
Plusieurs quartiers de la ville sont régulièrement confrontés à des épisodes de violences impliquant des groupes de jeunes, avec des conséquences directes sur la sécurité des habitants et le fonctionnement des activités commerciales.
Un message de fermeté et de sensibilisation
Pour les autorités provinciales, ce procès dépasse le cadre judiciaire. Il se veut également un avertissement à l’endroit des jeunes membres des partis politiques et un appel à la responsabilité collective.
« Ce procès se veut également pédagogique. Il doit interpeller les fauteurs de troubles ainsi que les jeunes membres des partis politiques sur la nécessité de renforcer l’éducation civique de leurs membres, en particulier les jeunes », indiquent des sources proches des autorités provinciales.
Alors que les audiences se poursuivent, ce dossier est suivi de près par l’opinion publique, dans un contexte où la sécurité reste une préoccupation majeure à Lubumbashi.
José Mukendi