Invité mardi du Space live animé par Stanis Bujakera Tshiamala, Patrick Nkanga, rapporteur du bureau politique du PPRD, a renversé la charge de la preuve face à la majorité sur la question constitutionnelle. « Ce n'est pas à l'opposition de se justifier. C'est plutôt à eux de nous dire : qu'est-ce qu'ils reprochent à l'actuelle Constitution ? Cette Constitution qui a permis une alternance républicaine, la première depuis 1960, qui a permis à l'opposition d'accéder au pouvoir, qui a permis des institutions républicaines plus ou moins stables durant près de vingt ans », a-t-il déclaré.
Le cadre du parti de Joseph Kabila a rappelé l'origine consensuelle du texte de 2006 : « Si Jean-Pierre Bemba, Azarias Ruberwa, Mbusa Nyamwisi, Arthur Z'ahidi Ngoma et l'opposition civile représentée à l'époque par Étienne Tshisekedi sont allés à Sun City pour que nous couchions cette Constitution, c'était pour résoudre une crise. Nous avons failli être, il y a de cela vingt ans, un pays qui n'existe plus. »
Et de préciser que son camp ne s'oppose pas aux réformes de gouvernance : « Un État se gère par les réformes. Ici, il ne s'agit pas de réformes. Il s'agit d'une volonté politique clairement exprimée de remettre en cause un consensus. »
Pour Patrick Nkanga, le débat dépasse le clivage opposition-majorité : « La Constitution du 18 février 2006 n'est pas la Constitution d'un parti politique. C'est une Constitution de compromis. Aujourd'hui, une seule famille politique, majoritaire à l'Assemblée et au Sénat, veut à elle seule définir ce que d'autres ont défini par un consensus national. C'est là que la société congolaise dit non. »
Invoquant le contexte sécuritaire dans l'Est, il interroge : « Dans ce climat de crise qui requiert cohésion et concentration, quelle est cette urgence de venir nous proposer une nouvelle Constitution qui, visiblement, ne vient résoudre aucun problème ? »