Ituri : plus de 400 candidats finalistes ont manqué l’ENAFEP à Mambasa en raison de l’insécurité liée à l’activisme des ADF

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Illustration/Photo ACTUALITE.CD

À Mambasa, dans la sous-division de la province éducationnelle 2 de l’Ituri, au moins 427 candidats n’ont pas pris part à l’Examen national de fin d’études primaires (ENAFEP-2026).

Selon les statistiques communiquées à ACTUALITÉ.CD par le sous-proved Michel Ipunio Nesapongo, le dernier jour de ces épreuves nationales, sur les 3 015 candidats attendus, seuls 2 533 élèves de sixième primaire ont effectivement participé à l’examen ouvrant l’accès à l’enseignement secondaire.

Ce taux d’absences est lié à la détérioration de la situation sécuritaire observée depuis la mi-mai 2026 dans la région de Biakato et ses environs. Des attaques armées attribuées aux rebelles ougandais des Allied Democratic Forces ont touché plusieurs localités, provoquant des déplacements massifs de populations, y compris des apprenants. Au cours du mois de mai dernier, au moins 39 civils ont été tués en une semaine à Biakato et Makumo, des entités de la chefferie des Babila Babombi, en territoire de Mambasa, plongeant la zone dans un climat de peur.

Malgré ce contexte sécuritaire difficile, les épreuves de l’ENAFEP se sont déroulées durant deux jours dans les différents centres de passation de la sous-division de Mambasa II. Par ailleurs, Michel Ipunio Nesapongo a annoncé le lancement des épreuves du second semestre dans les écoles primaires et secondaires de la sous-division afin de clôturer l’année scolaire 2025-2026, fortement perturbée par l’insécurité dans plusieurs villages de la chefferie des Babila Babombi.

Les conséquences humanitaires et socio-économiques des attaques répétées des ADF deviennent de plus en plus préoccupantes dans cette partie du territoire de Mambasa. Les activités scolaires fonctionnent au ralenti dans les centres de Biakato et Makumo, tandis que de nombreuses familles se sont déplacées vers des zones jugées plus sécurisées. Les activités commerciales connaissent également un ralentissement, entraînant une hausse du coût du transport et des denrées alimentaires sur les marchés locaux. Plusieurs habitants n’accèdent plus à leurs champs par crainte de nouvelles attaques, aggravant la précarité des ménages déjà affectés par les déplacements.

Une situation similaire a été observée dans la province voisine du Nord-Kivu, où au moins 942 cas d’absences d’écoliers ont été enregistrés lors des épreuves de l’ENAFEP dans la sous-division de l’Éducation nationale et Nouvelle Citoyenneté d’Oïcha, chef-lieu du territoire de Beni. Cette situation était principalement liée au contexte sécuritaire marqué par des déplacements de populations, les centres de passation de Mbau et d’Oïcha figurant parmi les plus touchés à la suite d’une attaque attribuée aux rebelles ougandais des ADF.

Josué Mutanava, à Goma