Est de la RDC : la Russie appelle à veiller à ce que  toutes les initiatives de paix soient orientées vers la résolution des causes profondes de la crise

Conflit FARDC-M23/Les déplacés/Crédit Photo – BOYONGO KAYA/CICR
Conflit FARDC-M23/Les déplacés/Crédit Photo – BOYONGO KAYA/CICR

La Fédération de Russie, par le biais de sa représentation permanente auprès des Nations unies, rappelle l’urgence d’une coordination étroite des initiatives diplomatiques en cours  à savoir les processus de Washington et de Doha, ainsi que les efforts de l’Union africaine, en vue du rétablissement de la paix et de la stabilité dans la région des Grands Lacs et plus particulièrement dans l’Est de la République démocratique du Congo.

Intervenant mercredi 15 avril 2026 lors de la réunion d’information du Conseil de sécurité des Nations unies sur la situation dans la région des Grands Lacs, la représentante permanente adjointe, Anna Evstigneeva, a rappelé qu’en février de l’année précédente, le Conseil de sécurité de l’ONU, dans sa résolution 2773, avait proposé aux parties certaines options politiques pour stabiliser la situation, applicables sans conditions préalables ni négociations exhaustives. Cependant, a-t-elle fait remarquer, Kigali et Kinshasa ont de facto renoncé aux exigences de cessation des hostilités et d’arrêt du soutien aux groupes armés illégaux.

"Les initiatives diplomatiques régionales menées sous l'égide du Premier ministre togolais Faure Gnassingbé sont restées largement lettre morte. Nous tenons à le remercier, ainsi que le Groupe des médiateurs, pour leurs efforts constants de stabilisation dans la région des Grands Lacs. Nous soutenons également le travail de nos collègues angolais visant à faciliter l'instauration d'un dialogue inter-congolais. À cet égard, nous tenons à réaffirmer la nécessité d’une coordination étroite de toutes les initiatives de maintien de la paix dans l’est de la RDC et à souligner l’importance de veiller à ce que ces initiatives soient orientées vers la résolution des causes profondes de la crise en vue de parvenir à un règlement durable", a déclaré la représentante permanente adjointe, Anna Evstigneeva.

Au nom du gouvernement de la Fédération de Russie, Anna Evstigneeva a apporté son soutien aux efforts déployés par l’envoyé spécial du Secrétaire général, Huang Xia, visant à faciliter la médiation africaine et à rétablir un dialogue constructif entre tous les pays de la région.

"Son mandat revêt également une importance capitale pour la revitalisation du Cadre pour la paix, la sécurité et la coopération, dont les dispositions clés sont conçues pour servir de feuille de route à la coopération régionale. Pour notre part, nous continuerons à œuvrer au sein de ce Conseil afin de faciliter un règlement politique de la crise dans l'est de la RDC et d'assurer une stabilisation à long terme dans la région des Grands Lacs", a rassuré la représentante permanente adjointe, Anna Evstigneeva.

Malgré l’implication du président américain Donald Trump et l’accélération apparente du processus de Washington, matérialisée par l’entérinement des accords par les présidents Félix Tshisekedi et Paul Kagame, la situation sécuritaire sur le terrain peine à s’améliorer. Kinshasa et Kigali continuent de s’accuser mutuellement de violations des engagements pris, alimentant une méfiance persistante et des tensions durables.

Les discussions de Doha, menées sous l’égide de l’État du Qatar entre le gouvernement congolais et la rébellion de l’AFC/M23, soutenue par le Rwanda, connaissent également un net ralentissement, malgré la reprise d’un nouveau round de discussions entre les parties, cette fois-ci en Suisse, à la suite de la détérioration de la situation sécuritaire au Moyen-Orient. Cette branche de médiation vise à compléter les accords de Washington en s’attaquant aux causes profondes du conflit, notamment la restauration de l’autorité de l’État et la réintégration des groupes armés.

Face à cette situation, des voix continuent de s’élever, tant au niveau national qu’international, appelant les différents protagonistes au respect des engagements pris dans le cadre des initiatives de paix. L’objectif de ces appels est de réduire le fossé persistant entre les réalités du terrain et les avancées diplomatiques constatées sur le papier.

Clément MUAMBA