Kinshasa: validation d’un projet de construction du viaduc de la baie de Ngaliema visant à décongestionner "efficacement" la rocade nord-ouest ainsi que la route de Matadi

Photo d'illustration
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Le fonctionnement du secteur des infrastructures et des travaux publics a été abordé lors de la 86ᵉ réunion du Conseil des ministres, tenue le vendredi 10 avril 2026 sous la direction du chef de l’État, Félix Tshisekedi. Il était question pour le ministre des Infrastructures et Travaux publics, John Banza, de présenter le projet de construction du viaduc de la baie de Ngaliema dans la ville-province de Kinshasa.

Dans sa note d’information, reprise dans le compte rendu de la réunion lu par le porte-parole du gouvernement, il a rappelé que face à la persistance du phénomène des embouteillages qui paralysent la ville de Kinshasa, les axes menant vers le centre-ville, en particulier la commune de la Gombe, restent fortement saturés. Le ministre des Infrastructures et Travaux publics a indiqué avoir initié un projet visant à décongestionner efficacement la rocade nord-ouest ainsi que la route de Matadi.

"Ce projet d'envergure vise à créer un contournement stratégique de la place de Kitambo-Magasin et de l’axe Kitambo – Boulevard Mondjiba – Socimat, identifiés comme des zones de forte congestion" a fait remarquer le Ministre des Infrastructures et Travaux Publics.

Selon le ministre John Banza, l’ouvrage projeté, d’une longueur de 3,50 kilomètres en configuration 2×2 voies, est conçu pour établir une liaison directe entre les rocades nord-ouest et nord-est.

"Le tracé prendra son origine sur l’avenue du Tourisme, à hauteur de l’Hôpital de la Rive, passera par le site de Chanic, pour déboucher sur le boulevard Tshatshi, à proximité de l’hôtel Pullman. La vitesse de référence est estimée entre 60 et 80 km/h, avec des aménagements comprenant des échangeurs et des rampes contrôlées. Le tracé longera en partie la bordure fluviale et s’intégrera au réseau routier urbain", a-t-il expliqué dans le compte rendu.

La ville-province de Kinshasa reste confrontée à des embouteillages monstres, paralysant la circulation routière et compliquant considérablement les déplacements ainsi que le vécu quotidien des Kinois et Kinoises. Cette situation entraîne également, de manière générale, une augmentation du coût du transport en commun. La population kinoise est ainsi contrainte de se déplacer à pied ou d’emprunter des motos, souvent à des coûts élevés, dans un contexte socio-économique déjà tendu en République démocratique du Congo.

Lors des précédentes réunions du Conseil des ministres, le Chef de l'État, Félix-Antoine Tshisekedi, avait à plusieurs reprises demandé au gouvernement de trouver une solution durable aux embouteillages sur les principaux axes routiers de la capitale. Il a insisté sur l'importance de restaurer l’autorité de la police de circulation et de faire respecter le code de la route.

À la suite de ces interpellations, la circulation alternée et à sens unique a été instaurée par les autorités pour atténuer les embouteillages dans la ville-province de Kinshasa. Cette mesure, qui n’a pas produit de résultats concrets sur le terrain, avait fait l'objet de critiques de la part de la population kinoise, jusqu'à sa levée par les autorités.

Depuis plusieurs années, Kinshasa est confrontée à des embouteillages massifs qui paralysent la circulation. Si certains pointent du doigt l’indiscipline des policiers et des conducteurs, d’autres accusent l’État de ne pas entretenir les infrastructures routières. Les projets visant à relancer le chemin de fer peinent encore à se concrétiser dans la ville. 

Clément MUAMBA