Kinshasa : des organisations féminines plaident pour la  reconnaissance des violences obstétricales dans la loi congolaise

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Déclaration des organisations des femmes

La diffusion sur les réseaux sociaux d’une vidéo montrant un médecin frapper une patiente dans une salle d’accouchement à Kinkole continue de susciter une vive indignation dans l’opinion publique congolaise. En réaction, plusieurs organisations de défense des droits des femmes ont organisé, vendredi 27 mars à Kinshasa, un point de presse pour dénoncer les violences gynécologiques et obstétricales en République démocratique du Congo.

Au cœur de leur plaidoyer figure une recommandation jugée prioritaire : la reconnaissance explicite de ces violences dans le cadre juridique congolais. Pour ces organisations, l’absence d’un cadre légal spécifique contribue à invisibiliser un phénomène pourtant bien réel dans certaines structures sanitaires.

Selon elles, inscrire les violences gynécologiques et obstétricales dans la loi permettrait de mieux protéger les patientes et de clarifier les responsabilités en cas d’abus. Une telle mesure faciliterait également les poursuites judiciaires et renforcerait la capacité des victimes à faire valoir leurs droits.

Les organisations estiment que cette reconnaissance constituerait un signal fort pour affirmer que les violences commises dans le cadre des soins ne doivent plus être tolérées.

Au-delà de cette réforme juridique, elles ont formulé plusieurs autres recommandations visant à améliorer la prise en charge des femmes dans les structures sanitaires. Elles appellent notamment au respect strict du consentement libre et éclairé des patientes dans tous les actes médicaux, rappelant que toute intervention doit être expliquée et acceptée par la femme concernée, ou par son accompagnant lorsqu’elle n’est pas en état de donner son consentement.

Les organisations plaident également pour le renforcement de la formation du personnel de santé, notamment en matière d’éthique médicale, de droits humains et de bientraitance. Selon elles, une meilleure sensibilisation des professionnels de santé contribuerait à prévenir les comportements violents ou humiliants envers les patientes.

Elles soulignent par ailleurs la nécessité d’améliorer les conditions de travail du personnel soignant, estimant que la surcharge de travail, le manque de moyens ou les conditions difficiles dans certaines structures peuvent aussi favoriser des pratiques inappropriées.

Les organisations recommandent également la mise en place de mécanismes de suivi et de redevabilité dans les établissements de santé, afin de permettre aux victimes de signaler les abus et de garantir que les cas dénoncés fassent l’objet d’un traitement approprié.

Cette mobilisation intervient après la diffusion d’une vidéo montrant un médecin frapper une femme dans une salle d’accouchement à Kinkole, une scène qui a choqué de nombreux internautes et relancé le débat sur les conditions de prise en charge des femmes dans les structures sanitaires du pays.

Nancy Clémence Tshimueneka