La ville-province de Kinshasa reste confrontée à des embouteillages monstres, paralysant la circulation routière et compliquant considérablement les déplacements ainsi que le vécu quotidien des Kinois et Kinoises. Cette situation entraîne également, de manière générale, une augmentation du coût du transport en commun. La population kinoise est ainsi contrainte de se déplacer à pied ou d’emprunter des motos, souvent à des coûts élevés, dans un contexte socio-économique déjà tendu en République démocratique du Congo.
Au regard de la complexité de cette problématique et face aux mesures peu structurelles prises jusqu’ici par les autorités congolaises, des solutions palliatives, notamment à travers des partenariats public-privé, semblent prendre le dessus dans l’objectif de soulager et d’atténuer les conséquences néfastes des embouteillages dans la ville-province de Kinshasa, en attendant des réponses structurelles de la part des dirigeants, tant du gouvernement central en général que du gouvernement provincial en particulier.
C’est dans ce contexte que Women’s Technology, une organisation qui promeut l’ingénierie féminine et l’innovation congolaise dans le domaine des sciences, technologies, ingénierie et mathématiques (STEM), dirigée par Thérèse Izay-Kirongozi, entrepreneure et ingénieure de formation, a convenu, samedi 21 mars 2026, de renforcer sa collaboration avec la Commission nationale de prévention routière (CNPR), service public spécialisé au sein du ministère des Transports, Voies de communication et de Désenclavement, en vue de trouver des solutions pour atténuer les embouteillages dans la ville de Kinshasa.
D’après Thérèse Izay-Kirongozi, considérée comme une pionnière de la robotique pour la régulation du trafic à Kinshasa, cette collaboration permettra aux deux parties de trouver des solutions innovantes, notamment dans la fabrication de feux de signalisation ainsi que de robots de roulage, afin de fluidifier la circulation routière.
"Women’s Technology est une entreprise privée, tant soit peu nous cherchons des solutions par rapport à la problématique que nous pouvons essayer de trouver une solution, actuellement à Women's Technology, nous nous concentrons sur comment atténuer les embouteillages dans la ville-province de Kinshasa. C’est pour cela que vous nous avez vu avec la Commission Nationale de Prévention Routière en sigle « CNPR », l’organe de la prévention routière du gouvernement. Nous, en tant que privés, travaillons en partenariat public-privé (PPP) avec la Commission Nationale de Prévention Routière en sigle « CNPR » pour les aider techniquement à fabriquer les matériels qui vont les aider à réguler la circulation routière", a dit Thérèse lzay-Kirongozi, entrepreneuse et ingénieure.
Selon Thérèse Izay-Kirongozi, la collaboration entre Women’s Technology et la Commission nationale de prévention routière (CNPR) constitue un levier très important pour fluidifier la circulation dans la ville de Kinshasa en particulier, et en RDC en général. C’est également pour elle l’occasion d’interpeller les dirigeants, surtout au niveau du gouvernement central, à faire confiance à la main-d’œuvre locale, notamment à sa structure, afin d’accompagner les autorités dans le processus de fluidification de la circulation routière dans la capitale, voire à l’échelle nationale.
"Ce serait une excellente opportunité. La ville de Kinshasa souffre beaucoup des embouteillages, avec des impacts économiques et sanitaires. Si le ministère du Transport lance un appel d’offres, nous pourrions fournir davantage des feux de signalisation pour fluidifier le trafic. Ce n’est pas une solution définitive, mais comme un “doliprane” pour atténuer la “fièvre” du problème. Avec plus de routes construites à l’avenir, l’impact sera encore plus significatif. Les feux de signalisation c'est comme notre doliprane pour atténuer les embouteillages", a fait remarquer Thérèse Izay-Kirongozi.
Lors des précédentes réunions du Conseil des ministres, le Chef de l'État, Félix-Antoine Tshisekedi, avait à plusieurs reprises demandé au gouvernement de trouver une solution durable aux embouteillages sur les principaux axes routiers de la capitale. Il a insisté sur l'importance de restaurer l’autorité de la police de circulation et de faire respecter le code de la route.
À la suite de ces interpellations, la circulation alternée et à sens unique a été instaurée par les autorités pour atténuer les embouteillages dans la ville-province de Kinshasa. Cette mesure, qui n’a pas produit de résultats concrets sur le terrain, avait fait l'objet de critiques de la part de la population kinoise, jusqu'à sa levée par les autorités.
Depuis plusieurs années, Kinshasa est confrontée à des embouteillages massifs qui paralysent la circulation. Si certains pointent du doigt l’indiscipline des policiers et des conducteurs, d’autres accusent l’État de ne pas entretenir les infrastructures routières. Les projets visant à relancer le chemin de fer peinent encore à se concrétiser dans la ville.
Initialement construite pour accueillir un million d’habitants, la ville de Kinshasa en compte aujourd’hui près de 20 millions, notamment à cause de l’exode rural. L’intervention du gouvernement est donc vivement attendue pour résoudre cette crise de circulation.
Clément MUAMBA