RDC : Face à la non-exécution de certaines décisions du Conseil des ministres, Félix Tshisekedi instruit la Première ministre de procéder à un inventaire exhaustif pour des options correctives et un meilleur rendement de l’action gouvernementale

Félix Tshisekedi
Félix Tshisekedi devant la diaspora congolaise en Serbie

Depuis son accession à la magistrature suprême, l’actuel chef de l’État, Félix Tshisekedi, a institué le vendredi comme journée consacrée à la réunion du Conseil des ministres, afin d’aborder les questions majeures liées au fonctionnement du pays. Au cours de ces rencontres hebdomadaires, des instructions présidentielles sont données, des textes sont adoptés, tandis que les membres du gouvernement formulent des propositions et présentent des suggestions en vue d’assurer la bonne marche de leurs secteurs respectifs.

Toutefois, certaines instructions présidentielles, en dépit de la succession des gouvernements, sont restées lettre morte ou n’ont reçu aucune réponse probante de la part du gouvernement central, pourtant chargé de l’exécution du programme présidentiel voté par la population lors des élections. Conscient de cette situation en ce début d’année, le chef de l’État, Félix Tshisekedi, a exprimé sa volonté de voir ces instructions mises en œuvre de manière diligente, " rigoureuse " et " conforme " aux orientations données lors des réunions successives du Conseil des ministres.

Ces instructions, a-t-il rappelé dans sa communication lors de la 80ᵉ réunion du Conseil des ministres tenue à la Cité de l’Union africaine, procèdent directement de sa vision et de ses priorités stratégiques. Elles engagent, sans équivoque, la responsabilité collective et individuelle des membres du gouvernement ainsi que de l’ensemble des institutions concernées, constituant ainsi une exigence fondamentale de bonne gouvernance, de crédibilité de l’action publique et d’efficacité de l’État.

"De ce fait, il a attiré l'attention des membres du gouvernement sur l'impérieuse nécessité de délivrer les résultats dans le temps imparti, pour garantir la cohérence de l'action gouvernementale, l'atteinte des objectifs assignés et la rédévabilité à l'égard du peuple congolais, seul détenteur de la souveraineté.Le contraire ne saurait en aucun cas être toléré dans le contexte actuel, marqué par une exigence accrue de résultats concrets, mesurables, vérifiables et perceptibles par les citoyens", rapporte le compte rendu de la réunion tenue vendredi 27 février 2026

C’est dans ce cadre que la Première ministre, Judith Suminwa, a été chargée, avec l’appui de son cabinet et de la Présidence de la République, de procéder à un inventaire exhaustif, méthodique et documenté de l’ensemble des instructions présidentielles issues des réunions du Conseil des ministres.

"Le Président de la République a souligné que cette démarche s'inscrit dans une logique de rédévabilité, d'évaluation objective de transparence, performances individuelles et institutionnelles ainsi que le renforcement de la discipline, de la rigueur et de la responsabilité gouvernementale.  Cet exercice conduira à des options subséquentes et des mesures appropriées y compris correctives afin de garantir un rendement optimal conforme à ses attentes, aux engagements pris devant la nation et aux exigences supérieures de l'intérêt général" a fait savoir le Chef de l'État Félix Tshisekedi dans sa communication

Cette interpellation du Président Félix Tshisekedi, dans l’environnement sociopolitique congolais, est perçue comme tombant à point nommé pour pousser l’ensemble du gouvernement de la République à se ressaisir et à se mettre résolument au travail au profit de la population congolaise. La population congolaise dans son ensemble attend de ses dirigeants des solutions concrètes à ses multiples desiderata et préoccupations.

À titre indicatif, à la suite de la sortie médiatique de l’ancien ministre des Finances, Nicolas Kazadi, évoquant la création de 53 institutions durant le premier quinquennat du Président Félix Tshisekedi, sans prise en compte suffisante des recettes publiques, le Chef de l’État avait instruit le gouvernement de procéder à un travail "rigoureux" d’évaluation. Cet exercice devait aboutir soit à la suppression de certaines de ces structures, soit à leur reconfiguration de manière plus optimale. Jusqu’à ce jour, force est de constater que cette instruction présidentielle peine encore à être mise en œuvre.

Clément MUAMBA