Trois États africains, à savoir la Namibie, l’Angola et la République démocratique du Congo, se disent désormais prêts à reprendre des migrants en situation irrégulière au Royaume-Uni. Selon le Home Office britannique, dirigé par Shabana Mahmood, secrétaire d’État à l’Intérieur, Londres a obtenu la coopération de ces trois pays, dont la RDC, une avancée que le gouvernement britannique considère comme un pas décisif vers le rétablissement de l’ordre et du contrôle du système d’immigration.
Cette évolution intervient après les menaces brandies par Londres en décembre dernier, visant à imposer des restrictions de visas aux ressortissants de la RDC, voire à suspendre totalement leur délivrance. Le Royaume-Uni par le biais de Shabana Mahmood, secrétaire d’État à l’Intérieur reprochait alors à Kinshasa une coopération jugée insuffisante dans le processus de retour des migrants que les autorités britanniques souhaitaient expulser.
" Face aux menaces de suspension des visas, la Namibie, l'Angola et la République démocratique du Congo ont accepté le retour des migrants illégaux et des criminels étrangers. Il s'agit d'un grand pas en avant pour rétablir l'ordre et le contrôle du système d'immigration ", a annoncé sur son compte X, vendredi 6 février, le Home Office Britannique.
À la suite des menaces britannique, la République démocratique du Congo et le Royaume-Uni avaient engagé des concertations diplomatiques et techniques sur le retour des ressortissants congolais en situation irrégulière, a annoncé le gouvernement congolais, après le durcissement par Londres des conditions d’octroi de visas aux Congolais.
Dans un communiqué, le ministère congolais de la Communication indiquait que Kinshasa a été officiellement informée, par les canaux diplomatiques, des mesures envisagées par le Royaume-Uni, notamment l’introduction de restrictions de visas visant les détenteurs de passeports spéciaux congolais. La RDC affirme son attachement à une gestion concertée des questions migratoires, fondée sur le respect de la souveraineté des États, des droits humains et des législations en vigueur dans les deux pays.
Des échanges techniques et stratégiques sont en cours entre des experts du ministère congolais des Affaires étrangères, de la Direction générale de migration (DGM) et du Home Office britannique, afin d’examiner la situation des Congolais en séjour irrégulier au Royaume-Uni et d’identifier des solutions « durables, efficaces et mutuellement acceptables », précisait le communiqué.
Les discussions portent notamment sur les mécanismes d’identification préalable des personnes concernées. Kinshasa avait rappelé qu’aucune procédure de retour ou d’expulsion ne peut être engagée en cas de doute sur l’identité d’une personne et que toute mesure doit se faire dans le strict respect des droits humains.
À Londres, ces engagements sont présentés comme un premier résultat des réformes du système d’asile britannique. Ces réformes prévoient notamment un statut de réfugié temporaire, la fin de l’hébergement garanti pour les demandeurs d’asile et la création de voies d’entrée « sûres et légales » plafonnées. La ministre des Affaires étrangères, Yvette Cooper, a indiqué que le Royaume-Uni avait « renvoyé plus de 50 000 personnes n’ayant pas le droit de rester » depuis juillet de l’an dernier, soit une hausse de 23 %, et a demandé aux diplomates de faire des retours une priorité.
Clément MUAMBA