Le procès mettant en cause le général Philémon Yav Irung, ancien commandant de la troisième zone de défense, s’est poursuivi ce mardi 6 janvier 2026. Les avocats du prévenu ont déposé devant la Haute cour militaire un mémoire unique dans lequel ils ont sollicité la libération de leur client, avant de soulever des exceptions et d’autres moyens de forme.
À en croire une source de la plus haute juridiction militaire, les avocats du général Yav ont relevé plusieurs irrégularités : l’incompétence de la Haute cour militaire, la poursuite engagée sans autorisation du Président de la République, le caractère arbitraire de l’arrestation de leur client, l’atteinte à sa dignité, des procès-verbaux dressés en violation de la loi. Ils ont sollicité la mainlevée de la détention préventive, l’écartement des débats des procès-verbaux contestés et aussi que la juridiction militaire se déclare incompétente à juger leur client.
Le général Yav Irung est soupçonné d’être en contact avec l’entourage de James Kabarebe. Depuis 2020, il avait été réaffecté dans l’est de la RDC comme commandant de la troisième zone de défense des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC). Cette zone stratégique dans le système de défense congolais couvre les provinces du Nord-Kivu, du Sud-Kivu, de l’Ituri, du Maniema et de la Tshopo. Ce procès s'ouvre près de trois ans après son arrestation en septembre 2022.
Le "Tigre" Philémon Yav est parmi les généraux de l'espace Grand Katanga que plusieurs personnalités politiques notamment Joseph Kabila, ancien Chef de l'État, ne cesse de citer pour démontrer la marginalisation des officiers ressortissants de cette région du pays sous le régime de Félix Tshisekedi. Ces allégations ont toujours été rejetées du côté de l'armée congolaise. Selon son porte-parole Sylvain Ekenge, lorsqu'on entre dans l'armée, il n'existe plus de tribu, affirmant que les interpellations et arrestations de certains officiers de l'armée se font dans la ligne droite de la législation militaire.