Conseil de sécurité 2026 : priorités africaines et dossiers à haut risque

La RDC au conseil de sécurité
La RDC au conseil de sécurité

Les travaux du Conseil de sécurité de l’ONU devraient rester dominés en 2026 par une polarisation persistante entre ses membres permanents, sur fond de conflits durables et de blocages diplomatiques, selon une analyse du Security Council Report consacrée aux membres non permanents élus pour le mandat 2026-2027.

Le rapport souligne que les lignes de fracture observées ces dernières années (sur l’Ukraine, le Moyen-Orient ou la Corée du Nord)ne devraient pas se résorber. La guerre en Ukraine continuera de structurer l’agenda, dans un Conseil divisé. Tous les membres élus pour 2026-2027 avaient soutenu en mars 2022 la résolution qualifiant l’invasion russe d’acte d’agression, mais les positions se sont fragmentées depuis. La résolution de février 2025 sur une paix juste et durable n’a recueilli que 93 voix à l’Assemblée générale : la Lettonie et le Liberia ont voté pour, Bahreïn et la Colombie se sont abstenus, la RDC n’a pas pris part au vote.

Cette évolution reflète, selon le rapport, une réticence croissante de plusieurs États du Sud global à se positionner clairement sur le conflit ukrainien.

Le Moyen-Orient restera un autre dossier central. Les divisions au Conseil sur la guerre entre Israël et le Hamas devraient se maintenir. Si l’attaque du Hamas du 7 octobre 2023 a été condamnée, plusieurs États ont critiqué Israël pour des violations présumées du droit international humanitaire à Gaza, tandis que les États-Unis sont restés fermement alignés sur Tel-Aviv. Le Liberia a soutenu en décembre 2024 une résolution appelant à un cessez-le-feu à Gaza ; la RDC a appuyé les textes relatifs à la situation humanitaire et aux droits des Palestiniens ; la Colombie a rompu ses relations diplomatiques avec Israël en mai 2024.

En Afrique, la RDC et le Soudan sont identifiés comme des dossiers à haut risque. La RDC figure elle-même à l’agenda du Conseil : elle accueille depuis les années 1960 une mission de maintien de la paix et fait l’objet d’un régime de sanctions établi en 2004. La MONUSCO, la plus ancienne et la plus importante mission onusienne en Afrique, a entamé un retrait progressif, notamment du Sud-Kivu. La dégradation sécuritaire début 2025, marquée par l’expansion du M23, a ravivé les tensions régionales. Kinshasa accuse Kigali de soutenir ce groupe armé, tandis que le Rwanda accuse la RDC d’appuyer les FDLR, des accusations relevées par les rapports du Groupe d’experts de l’ONU.

Selon le rapport, la RDC devrait utiliser son siège au Conseil pour internationaliser la situation dans l’est du pays et dans la région des Grands Lacs, notamment en plaidant pour des mesures punitives contre le M23 et le Rwanda.

La Colombie, inscrite à l’agenda du Conseil depuis l’accord de paix de 2016 avec les FARC, est perçue comme un dossier consensuel et comme un cas de référence en matière de suivi d’une mission politique onusienne. Le Liberia devrait, pour sa part, concentrer son action sur l’Afrique de l’Ouest et le Sahel et pourrait devenir co-plume sur le dossier de l’UNOWAS. La RDC pourrait être associée comme co-plume sur l’UNOCA.

Les deux pays africains élus ont indiqué vouloir défendre des positions communes, conformément aux décisions de l’Union africaine, et soutenir l’initiative visant à « faire taire les armes en Afrique » d’ici 2030.

Enfin, le rapport relève que plusieurs nouveaux membres entendent mettre en avant le maintien de la paix, la consolidation post-conflit et la sécurité maritime, dans un contexte de contraintes budgétaires et de révision des opérations onusiennes. Le lien entre climat, paix et sécurité figure également parmi leurs priorités, malgré les réserves persistantes de la Chine, de la Russie et des États-Unis.