Seth Kikuni à Martin Fayulu : « aucun dialogue ne saurait se tenir ni produire de résultats crédibles dans un contexte marqué par la répression … »

Seth Kikuni
Seth Kikuni

En exil depuis mi-janvier, l’opposant Seth Kikuni, comme tant d’autres acteurs de l’opposition congolaise, souhaite vivement la tenue du dialogue inclusif pour résorber la crise multiforme. Ce jeudi 26 février sur X, il a répondu à Martin Fayulu qui proposait des points à aborder, l’interpellant de considérer en outre un certain nombre de préalables, dont « le cessez-le-feu et la cessation de toute répression visant à intimider, réduire au silence ou exclure les voix dissidentes ».

« L'opposition n'ira pas au dialogue si celui-ci ne repose pas sur des conditions préalables claires, crédibles et vérifiables, seules à même d’en garantir la légitimité, l’efficacité et l’acceptabilité par toutes les parties », écrit le président de Piste pour l’émergence. 

Pour lui, il est hors de question d’organiser un dialogue fructueux dans un contexte marqué par la répression, l’injustice et la privation des droits fondamentaux. A l’instar de ses pairs de l’opposition, Kikuni refuse un dialogue comme « un instrument de légitimation du statu quo, ni un exercice de façade destiné à masquer la persistance des pratiques contraires aux principes démocratiques. » 

En dehors du cessez-le-feu et de la cessation de toute répression visant à intimider, réduire au silence ou exclure les voix dissidentes, l’ancien challenger de la présidentielle de 2023 avance la libération des prisonniers politiques et d’opinion, la levée des condamnations à caractère politique et rétablissement des droits civiques et politiques des acteurs concernés, la restitution des passeports et rétablissement effectif de la liberté de circulation des acteurs politiques et sociaux ainsi que l’annulation des procédures judiciaires à caractère politique, levée des mandats d’arrêt et réparation des préjudices subis comme des préalables à un dialogue inclusif entre Congolais. 

Martin Fayulu, lui, a précédemment appelé à un dialogue à même de donner la parole à toutes les composantes de la société, estimant que la moindre exclusion entamerait la légitimité du processus en cours. Contrairement au président Tshisekedi, l’opposant juge important la participation des groupes armés. Il propose sept points indispensables à figurer dans les discussions. Il s'agit: 

1.  La préservation de l’intégrité territoriale et de la souveraineté de la RDC, ainsi que les réformes de l’armée et des services de sécurité ;

2.   La promotion d’une gouvernance éthique, la rationalisation des finances publiques et la lutte contre la corruption ;

3.   Le renforcement de la justice, des droits humains et de l’égalité devant la loi ;

4.   Les réformes électorales nécessaires pour garantir la transparence et la crédibilité des élections de 2028 ;

5.   La coexistence pacifique entre les ethnies congolaises ;

6.   La stabilité régionale et la coexistence pacifique dans la région des Grands Lacs ;

7. L’inventaire et l’analyse des résolutions issues des précédents dialogues nationaux depuis 1958, afin d’évaluer leur mise en œuvre et d’en dégager une doctrine cohérente de gouvernance. 

Le leader de la coalition a, par ailleurs, exigé la définition du critère de participation dans ce cadre que la classe politique veut salutaire aux différents problèmes qui plongent la RDC à une crise multidimensionnel, refusant, comme les autres, une initiative réductible à un simple exercice politique. 

Samyr LUKOMBO