Martin Fayulu : « La passation civilisée du pouvoir n’a produit ni paix, ni stabilité, ni cohésion nationale »

Joseph Kabila et Félix Tshisekedi lors de la passation de pouvoir.
Joseph Kabila et Félix Tshisekedi lors de la passation de pouvoir.

À l’aube de l’année 2026, le président du parti Engagement pour la Citoyenneté et le Développement (ECiDé), Martin Fayulu Madidi, a dressé un tableau sévère de la situation socioéconomique, sociopolitique et sécuritaire de la République démocratique du Congo, près de sept ans après le départ de Joseph Kabila Kabange de la magistrature suprême et l’accession de Félix Tshisekedi à la présidence.

Pour le leader de la plateforme politique Lamuka, créée à Genève (Suisse), la crise actuelle trouve son origine dans ce qu’il qualifie de « hold-up électoral » lors des élections générales de décembre 2018. Selon lui, la transition politique qui a suivi n’a pas tenu ses promesses.

« La prétendue passation civilisée du pouvoir n’a produit ni paix, ni stabilité, ni cohésion nationale. Elle a affaibli l’État, fragilisé nos institutions et ouvert la voie aux ennemis de la République », a déclaré Martin Fayulu dans un message adressé à la population congolaise ce mercredi 31 décembre 2025.

Dans cette adresse, l’opposant a estimé que la République démocratique du Congo traverse, à la fin de l’année 2025, l’une des périodes les plus critiques de son histoire récente, marquée par l’insécurité persistante et la remise en cause de la souveraineté nationale.

« Notre pays est agressé. Notre souveraineté est menacée. Notre peuple est abandonné. Sept ans après le hold-up électoral de 2018, le temps est venu de rappeler la vérité sans détour. Le compromis politique entre Joseph Kabila et Félix Tshisekedi a échoué », a-t-il affirmé.

Martin Fayulu Madidi a par ailleurs exprimé sa compassion à l’endroit des populations durement affectées par les différentes crises sécuritaires à travers le pays. Il a estimé que les souffrances des Congolais ne devraient plus être reléguées au second plan par les autorités.

« Je m’incline devant la mémoire de nos forces combattantes tombées au front, de nos compatriotes victimes de la violence, de l’insécurité et de l’abandon de l’État. J’adresse mes condoléances aux familles endeuillées du Nord-Kivu, du Sud-Kivu, de l’Ituri, ainsi qu’aux territoires de l’Ouest touchés par le phénomène Mobondo. La Nation partage votre douleur. Votre souffrance ne doit plus être ignorée », a-t-il souligné.

Candidat malheureux à l’élection présidentielle de décembre 2018, Martin Fayulu n’a jamais reconnu sa défaite et s’est toujours présenté comme le véritable vainqueur du scrutin. Cette position est demeurée constante, y compris après l’élection présidentielle de décembre 2023, à laquelle il a pris part, allant jusqu’à demander à ses cadres de ne pas se présenter aux différents scrutins législatifs.

Toutefois, à la suite de la résurgence de la rébellion de l’AFC/M23, soutenue par le Rwanda, et de l’occupation de vastes territoires dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, la posture politique de Martin Fayulu a évolué. Il affirme désormais privilégier l’intérêt général et soutient l’option d’un dialogue national inclusif comme voie de sortie de crise.

Cette réorientation politique a conduit Martin Fayulu et plusieurs de ses proches à rencontrer le président de la République, Félix Tshisekedi, afin de plaider en faveur de l’organisation de ces assises. Il a également insisté sur la nécessité de constituer un « camp de la patrie » pour faire face à ce qu’il qualifie de guerre d’agression menée par le Rwanda.

Clément Muamba