Kinshasa: des femmes et des jeunes filles formées au féminisme et au numérique pour lutter contre le cyberharcèlement

formation au numérique
Formation sur le féminisme et le numérique à Kinshasa

Du mercredi 3 au vendredi 5 décembre 2025, des femmes et jeunes filles issues de divers secteurs participent à une formation sur le féminisme et le numérique à Kinshasa, capitale de la République démocratique du Congo. Cette activité s’inscrit dans le cadre des « 16 jours d’activisme », dont le thème international, cette année, porte sur le numérique et son impact sur les femmes.

Organisée en collaboration avec le mouvement féministe Bisobasi Telema et le Goethe-Institut, avec le soutien du ministère des Affaires étrangères allemand, cette formation vise à permettre aux participantes d’acquérir de nouvelles compétences pour se protéger contre le cyberharcèlement, la cyberviolence, la désinformation et les discours de haine. Ces phénomènes restreignent leurs droits dans la société congolaise et freinent leur leadership, leur participation aux instances de décision ainsi que leur ascension professionnelle.

Princilia Masengu, membre de Bisobasi Telema, a expliqué que la formation avait pour objectif d’outiller les femmes et de les sensibiliser aux différents impacts, positifs comme négatifs, du numérique, ainsi qu’aux stratégies à adopter face au harcèlement en ligne.

« Il est essentiel d’outiller les femmes et de les informer sur les enjeux du numérique. Chaque jour, on constate comment les femmes sont harcelées et, trop souvent, contraintes de se retirer. Aujourd’hui, la violence n’est plus seulement physique, elle est aussi virtuelle, notamment sur les réseaux sociaux tels que Facebook ou TikTok. Nous voulons donner aux femmes les moyens de comprendre ces impacts et de se défendre efficacement », a-t-elle souligné, en évoquant la création d’une armée numérique  chargée de sensibiliser les femmes à l’usage sûr et responsable du numérique.  

Pour sa part, Christian Moleka Ndombo, formateur, a appelé les femmes à la résilience et au soutien mutuel pour lutter contre le cyberharcèlement.  

« Les femmes doivent d’abord apprendre à résister, car le harcèlement est intentionnel et vise souvent à invisibiliser ou exclure une personne des débats. Il faut donc développer des capacités psychologiques pour y faire face. Le soutien d’autres femmes, notamment via les réseaux d’activistes, est crucial pour surmonter les conséquences psychologiques de ces violences numériques. »  

Il a également lancé un appel au gouvernement congolais, via le ministère du Numérique, pour qu’il promeuve activement, informe et diffuse le code numérique congolais, soulignant que cette initiative est essentielle pour réguler l’espace numérique, renforcer la sécurité des échanges en ligne et encadrer l’usage des technologies dans le pays.  

Rose Mvula assure que cette formation lui a donné le courage de lutter contre les violences et les harcèlements, « qu’ils soient perpétrés par des hommes ou d’autres femmes. Elle m’a également sensibilisée à l’importance de faire entendre la voix de celles et ceux qui souffrent en silence pour prévenir des conséquences graves sur la santé mentale, notamment chez les jeunes. »  

Pour Ursule Sanduku, « il ne s’agit pas de s’opposer aux hommes, mais de promouvoir l’équilibre dans la société. Nous avons aussi discuté des enjeux liés au numérique et des dangers de trop exposer nos informations personnelles, car elles peuvent être utilisées contre nous. En tant qu’activistes, il est crucial de publier en toute conscience. »  

Bisobasi Telema est un mouvement féministe qui milite pour l’application et la vulgarisation des droits des femmes. Sa mission consiste à éveiller la conscience des femmes en leur faisant connaître leurs droits, afin de faire progresser l’égalité et de contribuer à l’élimination des violences basées sur le genre. Le mouvement œuvre également pour exiger le respect et l’application des textes légaux en faveur des femmes en RDC, dans le but de garantir un monde plus juste et meilleur pour tous.  

Divine Mbala