RDC : Félix Tshisekedi promet de combattre jusqu’à la dernière énergie « ces Congolais qui retardent le développement du pays »

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Felix Tshisekedi rend visite aux FARDC à Kisangani

Le président congolais Félix Tshisekedi a affirmé samedi qu’il combattrait « jusqu’à la dernière énergie » les Congolais qu’il accuse de se soumettre « à la volonté de certains voisins pour faire du mal à leurs propres frères et sœurs », les rendant responsables du retard de développement et du pillage des ressources du pays.

S’exprimant lors du deuxième congrès de l’Union sacrée de la nation (USN), consacré au thème « Tous unis, écrivons l’histoire glorieuse de notre pays avec le Président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo et l’Union sacrée de la nation », le chef de l’État a réaffirmé son attachement à un dialogue national exclusivement congolais. « Aucune initiative de dialogue ne peut se faire en dehors de ma propre initiative », a-t-il insisté.

« Dialogue oui, mais dialogue avec les Congolais qui veulent reconstruire leur pays et sortir de la crise, et non les Congolais qui sont inféodés au diktat des pays voisins », a poursuivi M. Tshisekedi. « Les Congolais n’ont pas besoin de facilitateur pour parler entre eux. Le dialogue est permanent et doit l’être en République démocratique du Congo », a-t-il ajouté, appelant à la cohésion nationale et au respect de l’État de droit.

Le président a dénoncé ceux qui retardent le développement du pays, précisant que « ce sont ces Congolais-là qui favorisent le pillage de nos ressources naturelles, des ressources qui auraient pu contribuer davantage aux efforts que nous faisons pour redorer le blason de notre économie ».

Ces déclarations interviennent au lendemain de la publication par les confessions religieuses d’une feuille de route pour le dialogue national, et à la veille d’une rencontre entre le pouvoir, l’opposition et l’AFC/M23 en Afrique du Sud, sous l’égide de l’ancien président sud-africain Thabo Mbeki.

La feuille de route prévoit quatre étapes : un « mois de la paix » pour renforcer la confiance mutuelle et organiser des cultes œcuméniques dans tout le pays, un dialogue d’experts pour poser les bases techniques du pacte social pour la paix, un dialogue politique réunissant majorité, opposition et société civile, et enfin une conférence internationale sur la paix et le bien-vivre dans la région des Grands Lacs. Cette initiative s’inscrit dans le prolongement du Pacte social pour la paix et le bien-vivre ensemble, porté par la CENCO et l’ECC, enrichi par la plateforme des confessions religieuses et la Coalition interconfessionnelle pour la nation.

Sur le terrain, une accalmie relative était constatée samedi matin dans plusieurs quartiers de Goma (Nord-Kivu), notamment Mabanga-Sud, Mabanga-Nord et Majengo, ainsi que dans le groupement Munigi, territoire de Nyiragongo. La population avait connu une nuit de panique après de violents affrontements la veille entre l’AFC/M23 et des miliciens Wazalendo.

Des tirs nourris d’armes lourdes et légères ont été entendus dès 23 heures, notamment dans les quartiers Mabanga-Sud, Mabanga-Nord et Majengo, et des explosions de bombes ont retenti à Majengo, vers Vision 20/20, plongeant la population dans l’incertitude.

Les rebelles de l’AFC/M23 ont par ailleurs renforcé leurs positions à Mpety et Katobi dans le groupement Kisimba, territoire de Walikale. Selon des sources coutumières locales, des camions transportant hommes et munitions sont arrivés à Mpety depuis Kalembe et Kitshanga. Une partie des forces se serait immédiatement déployée à Katobi, l’autre restant sur place avant de se diriger vers la brousse, un mouvement dont l’objectif reste inconnu mais dont l’ambition pourrait être la prise de la cité stratégique de Pinga.

Les autorités coutumières du groupement Kisimba ont appelé militaires et population à la vigilance et au renforcement des mesures de sécurité pour contrer l’avancée des rebelles dans les zones encore non occupées.