Médecins Sans Frontières (MSF) a lancé un appel urgent à la mobilisation ce vendredi 29 août pour protéger les civils et répondre aux besoins essentiels des populations déplacées dans la cité de Mweso, située dans la chefferie de Bashali Mokoto, en territoire de Masisi. Cette cité est désormais surpeuplée en raison de l’afflux massif de personnes fuyant les combats entre les rebelles de l’AFC/M23 et les groupes armés locaux Wazalendo CMC.
Selon MSF, les affrontements entre le groupe armé Alliance Fleuve Congo (AFC)/M23 et les combattants des Wazalendo CMC ont forcé plus de 10 000 personnes à se réfugier à Mweso au cours du mois d’août. L’organisation a ainsi lancé une intervention d'urgence pour répondre aux besoins humanitaires croissants. Toutefois, la plupart des déplacés ont à nouveau dû fuir la zone, en raison de menaces de violences persistantes.
MSF souligne que la majorité des familles sont arrivées sans rien. Certaines ont été accueillies par des proches, tandis que d’autres ont été contraintes de s’abriter dans des sites collectifs ou de dormir à la belle étoile. Partout, les conditions de vie sont extrêmement précaires : accès limité à l’eau potable, aux latrines, aux soins médicaux et à la nourriture.
Pour répondre à l’ampleur des besoins, MSF a déployé deux cliniques mobiles qui ont pris en charge 858 patients entre le 7 et le 22 août. Les pathologies les plus fréquentes sont le paludisme, les infections respiratoires et les maladies diarrhéiques. Un dépistage nutritionnel réalisé sur 182 enfants a révélé que 34 % d’entre eux souffraient de malnutrition aiguë modérée.
Face à cette crise, l’ONG a également lancé une campagne d’eau, d’assainissement et d’hygiène (WASH) pour prévenir les risques de maladies telles que le choléra. À cet effet, MSF a installé des réservoirs d’eau, 24 douches, 15 latrines, un réservoir de 15 000 litres et distribué des kits de nettoyage dans les sites collectifs.
Malgré ces efforts, MSF alerte sur la détérioration sévère de la situation sur le terrain. Le jeudi 28 août, la majorité des déplacés ont été à nouveau forcés de fuir. Ceux qui restaient ont reçu un ultimatum leur enjoignant de quitter Mweso avant le 30 août. L’insécurité persistante limite fortement l'accès à l’aide humanitaire, notamment alimentaire, jugée insuffisante par les acteurs présents sur place.
Sur le terrain, MSF poursuit ses efforts en distribuant des kits de première nécessité, en améliorant les infrastructures sanitaires et en renforçant le soutien aux structures de soins. Toutefois, l’organisation souligne que ses capacités sont limitées et ne permettent pas de répondre entièrement à l’ampleur des besoins, notamment en matière de sécurité alimentaire.
MSF appelle les autres acteurs humanitaires et les autorités à se mobiliser sans attendre pour éviter une catastrophe humanitaire. Beaucoup de déplacés dorment encore à la belle étoile, sans abri, sans moustiquaire, ni accès à l’eau potable. « La situation est intenable », déplore un agent de terrain de l’organisation. L’insécurité persistante empêche les populations de retourner dans leurs champs, aggravant ainsi une crise alimentaire déjà grave dans cette partie du territoire de Masisi. MSF indique que les taux de malnutrition sont en nette hausse, surtout chez les enfants.
Josué Mutanava, depuis Goma